2023
Un polytechnicien, encore un… Il n’est pas rare d’en rencontrer dans les colonnes de Traits urbains. Mais celui-ci a mis son efficience intellectuelle au service de la création urbaine. Ancien élève de l’X donc, mais aussi ingénieur des Ponts et chaussées et architecte DPLG, Thomas Richez crée son agence en 1985 avec Edouard François et Bertrand Rubus, dans une approche globale : d’emblée, il s’intéresse à la fois à l’architecture, à l’urbanisme et au paysage. S’ensuivront la conception de trois tours à Euralille, de l’ambassade de France à Singapour, d’une ville nouvelle en Malaisie, du quartier des Grisettes à Montpellier, mais aussi de projets de mobilités, domaine dans lequel l’agence fait référence. La liste est longue : les tramways du Mans, d’Orléans, de Brest, de Tours, de Casablanca, d’Angers, des pôles d’échange à La Baule ou Lens, des centres de maintenance à Bordeaux ou Champigny, mais encore la gare de Massy-Palaiseau du Grand Paris Express.
2022
« L’évolution des stratégies foncières et immobilières des entreprises ferroviaires en Europe : une approche comparée » : tel est le sujet de la thèse en urbanisme entamée cet automne par Inès Delépine en Cifre avec SNCF Immobilier, au sein de la direction Transition,RSE et Innovation. La reconfiguration du rôle des opérateurs de transports dans l’aménagement du territoire et l’aménagement urbain, la recherche de nouveaux modèles de valeur… des sujets porteurs, à l’heure de l’indispensable renouvellement de la ville sur elle-même. (..)
« Notre métier c’est de loger des gens, l’humain est primordial. » Co-directeur général Promotion et aménagement du Groupe Giboire depuis mois 2021 avec Olivier Biancarelli - précédemment directeur général adjoint du groupe Engie -, François Giboire a été biberonné aux valeurs fondant la réussite d’une affaire familiale bretonne qui fêtera ses 100 ans en 2023. À 36 ans, le petit dernier de Michel Giboire, président du groupe spécialisé dans la construction de logements premium, défend la vision altruiste de la promotion apprise de ses aînés. « Construire la ville est un engagement citoyen, nous y laissons notre patte, cela implique de faire des choses pérennes et harmonieuses. » (...)
Un littéraire et un scientifique (Master d’urbanisme et d’aménagement à Paris 4-Sorbonne pour Timothée Turquin, ESTP pour Vivien Garié) : c’est le cycle d’urbanisme de Sciences Po qui les a rapprochés dans « une envie commune de dézoomer un peu pour nous intéresser en premier lieu à la question territoriale, même si l’on ne s’interdit pas d’aller sur d’autres échelles ». Après une expérience enrichissante chez Alphaville, les deux associés-fondateurs de l’agence Belvédère souhaitaient aussi « sortir de la posture de neutralité politique qui est souvent revendiquée dans le champ de la programmation urbaine, sans dogmatisme mais avec conviction ». Ils se revendiquent « d’un urbanisme tactique, capable, par le choix partagé d’un ensemble d’objectifs et de moyens, d’inscrire un territoire dans une trajectoire vertueuse » (...)
Tous trois issus d’écoles d’architecture à la fin des années 2000 (La Villette pour Andrej Bernik et Marcos Da Silva, Val de Seine pour Delphine Luboz), les fondateurs de Fieldwork Architecture s’associent en 2020. Dans l’intervalle, Andrej Bernik a travaillé chez Philippe Rahm puis en indépendant ; Marcos Da Silva a étudié la programmation architecturale et urbaine à l’Ecole d’urbanisme de Paris ; Delphine Luboz a additionné les expériences professionnelles axées sur les réponses aux besoins sociaux, dont quatre ans pour l’ONG Architecture for Humanity (...)
Les Marneurs est une agence d’architecture, de paysage et d’urbanisme cofondée en 2018 par trois associés, architectes et paysagistes. « Basée à Paris et Bruxelles, l'agence intervient sur un spectre large de projets depuis la maîtrise d’œuvre architecturale jusqu’à des études prospectives urbaines et territoriales. Elle travaille particulièrement sur les problématiques littorales liées au risque de submersion marine et d’inondation, l’une de leurs spécialités, en s’appuyant sur ce défi pour faire émerger de nouveaux récits et de nouveaux modes de gestion ou de mise en œuvre des projets », notait le jury du Palmarès des jeunes urbanistes 2022 dont ils sont lauréats, ce qui leur vaut de figurer pour la deuxième année consécutive parmi « les 100 qui font la ville ». (...)
Tous issus du Master Stratégies territoriales et urbaines de Sciences Po, les six jeunes urbanistes de La Traverse (lauréats du PJU 2022), ont commencé leurs parcours en empruntant deux voies différentes. Ils avaient créé l’association Villes et décroissance pour s’autoformer sur les enjeux écologiques et sur la ruralité, thèmes insuffisamment présents à leurs yeux dans la formation, et pour échanger et transmettre. Afin de poursuivre directement l’aventure, trois d’entre eux, Maxime Verdin, Alexia Beaujeux et Solène Cordonnier, se sont lancés dans un tour de France des campagnes « à l’issue duquel nous avons écrit un bilan qui a permis de retracer ce qui faisait que les dynamiques de transition fonctionnaient plus au moins, voire quels étaient les invariants du succès de la transition dans les territoires ». Cela leur a permis de fonder leur méthodologie. Progressivement Félix Vève, Maud Picart et Victor Fighiera les ont rejoints après de premières expériences respectivement au Centre ressources sur le développement durable (Cerdd), à l’Atelier d’architecture autogéré et à la Communauté urbaine de Dunkerque. La Traverse est née en 2019, à Poitiers, et développe trois principaux modes d’intervention ; accompagner des territoires dans le renforcement de leurs dynamiques locales de transition ; former aux enjeux écologiques ; porter la voix de la ruralité (...)
Jean-Philippe Bouillé adjoint à l’urbanisme à Mulhouse : voilà une réalité qui relève presque du contre-intuitif, tant le parcours dans le management d’entreprise de l’élu et son origine francilienne ne l’y prédestinaient pas. Mais l'installation à Mulhouse avec son épouse en 1999, au gré des étapes de carrière l’ayant amené à prendre des responsabilités au sein du groupe pharmaceutique Novartis à son siège à Bâle 30 kilomètres plus loin, a été pour lui une révélation. « Nous sommes venus sans a priori sur l’image de la ville et nous sommes tombés sous son charme particulier, celui d’une cité à la riche histoire humaine, architecturale et industrielle », se souvient-il.(...)
Une tête pensante particulièrement bien faite est passée de l’autre côté de la fabrication de la ville. X-Ponts, Berkeley, Ecole d’architecture de la ville & des territoires : l’ingénieure et architecte multi-diplômée Chloé Clair a d’abord arpenté le monde et les échelons hiérarchiques des majors du BTP - Bouygues puis Vinci - pour faire pousser les immeubles et les infrastructures et commencer à les rendre moins gourmands en carbone. Puis elle a quitté cet univers fin 2020, pour rejoindre la jeune pousse namR. Elle a tourné la page sans amertume ni fâcherie, mais mue par le sentiment qu’il lui « fallait aller vers autre chose, de plus souple, pour contribuer à l’indispensable montée en puissance de la transition écologique ».(...)
C’est un ingénieur et consultant qui a été choisi par le jury du Grand Prix de l’urbanisme 2022, le 29 juin, pour sa « démarche pionnière sur l’ingénierie environnementale des projets architecturaux, urbains et territoriaux », « sa double approche d’ingénieur et de concepteur, et son positionnement de conseil et d’assistance à maîtrise d’ouvrage, [qui] lui permettent de réinterroger les projets à l’aune de solutions innovantes mais aussi contextuelles voire vernaculaires. Ses réalisations démontrent qu’il est possible de proposer des projets énergétiquement plus sobres, plus résilients face au changement climatique, mais aussi plus agréables à vivre ».(...)
C’est à l’Essec qu’a pris forme l’intérêt de Céline Crestin pour la ville, dans le programme de la chaire d’économie urbaine, qui lui a ouvert « tout un champ d’action ». Un début de parcours professionnel chez Renault lui procure « une expérience intéressante de pilotage de projets complexes ». Mais après cinq ou six ans, elle revient à l’aménagement et l’immobilier, et complète sa formation avec le Master d’urbanisme de Sciences Po Paris. Elle rejoint le secteur de l’immobilier et de l’aménagement, chez Citadis, Sem détenue par le Conseil départemental du Vaucluse et la Ville d’Avignon, puis chez Sogeprom.(...)
Elle était donnée possible Première ministre. Rattrapée par certaines prises de position sociétales, Catherine Vautrin a néanmoins hérité de ce qui est plus qu’un lot de consolation : la présidence de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, depuis le 31 août. Elle a succédé à Olivier Klein, nommé ministre délégué chargé de la Ville et du logement. Sur sa feuille de route, la poursuite du NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain), « un travail essentiel de l’Anru et de ses partenaires dans l’amélioration du cadre de vie de cinq millions de nos concitoyens », souligne-t-elle. Lancé en 2014, le NPNRU doit s’achever en 2030 et concerne 450 quartiers. Son budget avoisine 12 milliards d’euros de subventions financées par Action Logement (8,4 milliards), les bailleurs sociaux (2,4 milliards) et l’Etat (1,2 milliard). Ces travaux ont vocation à générer 50 milliards d’euros d’investissement, tous financeurs confondus (collectivités locales, bailleurs sociaux, promoteurs). (...)
Ils et elles sont sept, tous associés à parts égales depuis 2019, tous architectes. Les fondateurs et fondatrices de l’atelier d’architecture et d’urbanisme Commune (lauréat du Palmarès des jeunes urbanistes 2022) se sont rencontrés à Lyon dans les années 2015-2016 et y sont installés. Un rapprochement amical et professionnel notamment à travers le Café de l’Architecture - lieu d’échanges lyonnais dont ils restent des membres actifs -, les a amenés à construire une culture – commune donc – autour de valeurs partagées et d’une méthode de travail fortement structurée par le collectif. Chaque projet d’architecture, de patrimoine ou d’urbanisme est ainsi confié a minima à un binôme, ou davantage suivant les échelles et la complexité des sujets (...)
Plus brillante tu meurs ! A 30 ans, Marion Waller a déjà accompli plusieurs carrières. Titulaire d’un master en gouvernance des grandes métropoles obtenu à Sciences Po, elle collabore dès 2014 avec Jean-Louis Missika, adjoint en charge de l’urbanisme à la mairie de Paris, avant de devenir la directrice adjointe de son cabinet, puis conseillère d’Anne d’Hidalgo pour l’architecture, le patrimoine, la rénovation énergétique des bâtiments et le paysage. Le talent de Marion Waller se révèle en particulier dans la mise en œuvre du concours « Réinventer Paris ». Modifier les règles n’est jamais facile, il faut expliquer, argumenter et faire fi des critiques. Mais cette joueuse de football sait que le collectif n’est pas forcément synonyme de consensus. En revanche, elle croit « encore à la force du politique pour changer les choses ».(...)