2022
Ingénieur en génie civil et construction, spécialisé en transition écologique, énergétique et santé, Simon Davies s’est formé dans le saint des saints de l’ingénierie. De 2004 à 2008, il est passé par l’école Polytechnique et l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées. À l’arrivée, une étiquette prestigieuse mais parfois difficile à porter. Elle a tendance à masquer la capacité sensible derrière le primat de la science, déplore-t-il. « J’ai passé du temps à déconstruire cette image », raconte celui qui a toutefois eu l’opportunité d’y acquérir des compétences en développement durable. « Il n’y avait alors qu’un seul cours, noyé dans un vaste module de sciences humaines », se souvient-il. Depuis, la thématique est de toutes les conversations. (...)
« Energies », « Mobilités », « Matériaux », « Biodiversité » : tels sont les quatre points cardinaux de la boussole à laquelle se réfère le directeur général d’Aire Nouvelle, Marc Daumas. Le promoteur immobilier met en avant un net avantage concurrentiel sur les deux premiers items. Et pour cause, Aire Nouvelle appartient au groupe Equans (17 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 100 000 collaborateurs), leader mondial des services multi-techniques, lui-même entité de la holding Bouygues SA.(...)
« Mon parcours professionnel m’a fait beaucoup voyager mais je suis toujours resté attaché au territoire du Languedoc. » Cévenol de naissance, Mathieu Massot a roulé sa bosse pendant treize ans dans le marketing et la stratégie commerciale avant d’intégrer en 2013, l’opérateur immobilier montpelliérain FDI Groupe, un des principaux acteurs du secteur en ex-Languedoc Roussillon. Etudiant à l’INT Management, à Paris, ce « fou de sport » qui rêvait d’être journalise sportif, se forme au marketing des télécoms et fait ses premières armes aux Etats-Unis, comme stagiaire dans une école de vente. « Je vendais des livres éducatifs au porte-à-porte dans le Tennessee », confie le promoteur. « Une telle expérience casse beaucoup de barrières, ça marque », évoque-t-il avec humour. (...)
Le passage de témoin entre les générations s’est fait au printemps 2021. Mathias Bertojo, 53 ans, assure avec son frère cadet Félix, de deux ans plus jeune, la co-présidence du groupe immobilier indépendant Spirit, fondé en 1988 par leur père Jean-Claude Bertojo à partir de la restructuration de son groupe Keops.
Il y onze ans, Pierre Vital et Edouard Myon cofondaient Id&al Groupe à Bordeaux pour, selon l’un, « porter un regard différent sur l’immobilier, avec des produits adaptés aux lieux, aux territoires », l’autre confirmant : « nous avions une vision commune, celle d’un immobilier contextuel, adapté au tissu local et aux usages, pour favoriser la qualité de vie ». Ingénieur (ESITC Paris, Master en génie civil de l’Université de Portsmouth), Edouard Myon a piloté pendant trois ans les agences Nexity George V Aquitaine, à Bordeaux et La Rochelle. C’est là où il a rencontré Pierre Vital, qui faisait alors ses premières armes dans l’immobilier. Diplômé de l'École des Ponts ParisTech complété d’un MBA du Collège des Ingénieurs, celui-ci a « travaillé un an, sous la tutelle d’Elisabeth Borne, sur une mission sur l’ouverture des lignes SNCF à l’étranger ». (...)
Passionnée par la fabrique de la ville et des territoires, Virginie Alonzi a mis sa curiosité et son enthousiasme au service de la prospective dans le groupe Bouygues Construction, après un début de parcours dans le marketing, son profil initial.
Les infrastructures publiques et l’intérêt général, tel est le double fil conducteur de sa vie professionnelle, dans la droite ligne de son héritage familial : un grand-père géomètre dans le secteur minier, une mère soignante… « J’ai trouvé à l’école des Ponts cette résonance de produire par l’ingénierie des services utiles au plus grand nombre et qui, y compris physiquement, vont faire évoluer positivement la vie des gens », témoigne Valère Pelletier. Les dix premières années de sa vie professionnelle sont consacrées à monter de grandes infrastructures, chez Eiffage, John Laing infrastructures – un passage par l’international très formateur -, Vinci, et dans l’accompagnement financier des acteurs au sein de la banque d’affaires Natixis. Il lui est ensuite proposé de rejoindre le groupe Orange, dans le programme stratégique Orange Smart City. De la wi-fi dans les TGV et les avions à l’utilisation des big data, il connaît là « une aventure très différente, très innovante et beaucoup plus urbaine » (...)
Justine Emringer est « madame métabolisme urbain » chez Plaine Commune. On pourrait aussi dire « madame réemploi dans le BTP », mais ce serait réducteur tant son activité s’inscrit dans une large boucle qui entraîne de très nombreux acteurs dans un flux d’économie circulaire devenu aussi puissant qu’évident. (lire aussi TU n° 128, juillet-août 2022, p. 32) (...)
A Nîmes, il a la réputation d’être un citoyen engagé, captivé par les dossiers qui lui sont confiés et qu’il connaît d’ailleurs sur le bout des doigts. Sa rigueur, il la doit à sa formation. Côté pile, Julien Plantier est avocat. Docteur en droit public après un cursus dans le domaine du droit des collectivités territoriales, il enseigne à l’université. Côté face, il n’avait que 22 ans, en 2008, lorsqu’il a fait ses premiers pas à la mairie de Nîmes, aux côtés de Jean-Paul Fournier, surnommé le maire bâtisseur. « J’ai vu Nîmes se magnifier au travers de projets structurants comme le musée de la romanité dessiné par Elizabeth de Portzamparc », résume-t-il (...)
« Dans cette école, chaque minute doit avoir une énorme qualité parce qu'on n'a pas de temps », déclare avec force et conviction Tommaso Vitale, le nouveau doyen de l'Ecole urbaine de Sciences Po depuis la rentrée de septembre. « Apprendre prend du temps et nous sommes pressés par les enjeux. En même temps qu'il y a la transition écologique à faire, la transition technologique ou numérique nous tombe dessus et l'énorme transition démographique dans les dynamiques de peuplement qui est en train de se dérouler a elle aussi de fortes conséquences ».
A 44 ans, Agnès Thouvenot est la première adjointe au maire de Villeurbanne, en charge de la transition écologique, de l'urbanisme et de l'habitat. « On tenait à ce que le ou la première adjointe ait en charge la transition écologique », explique Agnès Thouvenot qui hérite donc de cette mission, et des deux autres. « Je ne venais pas de l'urbanisme », précise-t-elle, « j'avais une meilleure connaissance des politiques sociales [en lien avec son premier mandat Ndlr] ». Qu'à cela ne tienne, l'ex-journaliste, débrouillarde, relève les manches et se forme. « J'ai beaucoup appris pour être à peu près au niveau aujourd'hui », déclare-t-elle sans fausse modestie, « et pour à la fois construire un discours politique et comprendre la technicité des dossiers ». Sa formation à Sciences Po suivie d'un DESS de politique publique locale lui a, certes, aussi « donné quelques clés de compréhension » et son activité professionnelle d'enseignante vacataire à l'université « l'aide à apprendre plus vite » (...)
« Je suis arrivée à la ville par l’eau » : la thèse de géopolitique d’Aziza Akhmouch portait en effet sur les enjeux et conflits autour de la privatisation de la gestion de l’eau et de l’assainissement en Argentine. C’est pour travailler sur la gouvernance de l’eau qu’elle rejoint en 2007, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), d’abord comme analyste puis comme cheffe de programme, dans l’optique de « gérer l’or bleu cette ressource précieuse, source de tensions, par la politique publique ». Progressivement la focale s’élargit vers l’adaptation au changement climatique, au sein de son unité Climat, Eau et Développement durable, avant qu’elle ne devienne, en 2017, cheffe de la division Villes, Politiques urbaines et Développement durable. Une échelle d’intervention encore élargie, puisqu’il s’agit d’aider les gouvernements à « mettre en œuvre des politiques urbaines meilleures pour des vies meilleures, afin de développer des villes attractives, plus soutenables sur le plan environnemental, et capables de lutter contre les inégalités » (...)
Le paysage, Bas Smets en a une vision élargie. Après des études d’architecture et ingénierie à l’université de Louvain puis de paysage à l’université de Genève, « avec Michel Corajoud, Georges Descombes et Gilles Tiberghien », il commence un doctorat de landscape urbanism. Au bout d’un an, il part en stage chez Michel Desvigne ; il y travaillera pendant six ans avant de créer en 2007 son agence, Bureau Bas Smets, à Bruxelles. Il a désormais à son actif une cinquantaine de réalisations dans une douzaine de pays (...)
Fille et sœur de notaires, Béatrice Lièvre-Théry confesse une passion personnelle pour l’immobilier – « éplucher les annonces, rêver devant des appartements incroyables… » - sans pour autant avoir prévu d’en faire son métier. « J’ai eu très tôt envie de faire de la finance d’entreprise, dans l’idée de contribuer à un projet, de le faire avancer ». D’où le choix « classique » d’HEC et d’un début de parcours comme chargée d’affaires au Crédit Lyonnais, avant le groupe Suez puis la Société Générale. Entre temps - piqûre de rappel immobilière -, elle accompagne en Californie son futur époux, qui fait son VSNE (Volontariat du service national en entreprise) chez les Nouveaux Constructeurs, occasion de visiter des opérations inspirantes (...)