Patrick BOUCHAIN Patrick BOUCHAIN © DR

Architecte et scénographe autodidacte – « j’ai appris en militant », aime-t-il à souligner -, Patrick Bouchain a enseigné à l'Ecole Camondo à Paris (19721974), à l'Ecole des Beaux-arts de Bourges (1974-1981) et à l'Ecole de création industrielle de Paris (1981-1983).

Conseiller auprès de Jack Lang, puis auprès du président de l'Etablissement public du Grand Louvre au début des années 1990, il a aussi dirigé l'Atelier public d'architecture et d'urbanisme de la Ville de Blois. Pionnier du réaménagement de lieux industriels en espaces culturels (le Lieu unique à Nantes, la Condition publique à Roubaix, le Channel à Calais…), il a pratiqué avec l’agence Construire - qu'il a fondée en 1986 et récemment quittée - une architecture « HQH » (« Haute Qualité Humaine »), développant les chantiers ouverts au public, véritables actes culturels, remettant en permanence les normes en question, et valorisant la maîtrise d’usages, « cœur de tout projet ». Patrick Bouchain s’attache aux « lieux impensés » : friches industrielles ou territoires délaissés par l’aménagement. Il veut « considérer » les délaissés, espaces résiduels rendus structurellement inutilisables par l’aménagement du territoire, « espaces insolvables et mis à l’écart avec ceux qui y vivent ». A la Belle de Mai à Marseille, dont il a présidé la SCIC éponyme, il a voulu « inventer un morceau de ville non programmé ». Pour le logement social, il prône la liberté, la réversibilité, voire l’inachevé qui autorise l’appropriation. A Boulogne-sur-Mer, l’agence Construire a ainsi opéré la réhabilitation, maison par maison, d’un quartier modeste promis à la démolition, autour de l’architecte Sophie Ricard. A Tourcoing, l’îlot Stephenson a été sauvé de la démolition par la mobilisation de ses habitants, sous la conduite de l’architecte Marie Blanckaert qui a, là aussi, organisé une « permanence architecturale ». Permanence qui s’est traduite ensuite dans une « Université foraine » déployée dans des lieux délaissés. Patrick Bouchain traduira aussi ces réflexions, avec Fleur Pellerin, alors ministre de la Culture, dans le « permis de faire », pour ouvrir la possibilité d’expérimenter collectivement. Patrick Bouchain se consacre désormais à La Preuve par 7, démarche expérimentale d’urbanisme et d’architecture avec des porteurs de projets urbains, d’équipements, d’habitat, en cours de développement à travers la France, à sept échelles territoriales : un village, un bourg, une ville moyenne, des territoires métropolitains, une métropole, un équipement structurant et un territoire d’outre-mer. Son objectif : « promouvoir le recours à des approches inédites, dessiner de nouvelles manières de construire la ville collectivement, et revendiquer un droit à l’expérimentation ». Conçue dès le départ comme ayant vocation à s’élargir et à fédérer différents acteurs, La Preuve par 7 est portée pour sa phase de démarrage par Notre Atelier Commun, association créée par Patrick Bouchain, et s’appuie sur les expertises de la coopérative Plateau Urbain et de l’agence Palabres. Patrick Bouchain a été nominé au Grand prix de l’urbanisme 2018.

Les 100 qui font la ville

Les 100 qui font la ville, un hors-série du magazine Traits Urbains

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