Laure-agnès CARADEC Laure-agnès CARADEC © DR

A Marseille, pas un dossier traitant de l’aménagement urbain ne lui échappe. Adjointe au maire chargée de l'urbanisme, présidente de l'Agence d'urbanisme de l'agglomération marseillaise (Agam) et de l’Etablissement public d’aménagement Euroméditerranée, Laure-Agnès Caradec est au cœur du réacteur qui dessine le développement territorial de la deuxième métropole du pays.

 « Marseille est une ville populaire avec un ratio de revenus plus faible que dans les autres métropoles françaises. Il faut rattacher les quartiers entre eux. Euroméditerranée doit justement être ce lien entre les quartiers Nord et le centre-ville », analyse cette urbaniste de formation. Mais dans la cité phocéenne, la césure ville-banlieue n’existe pas. La pauvreté – l’actualité récente vient de le rappeler cruellement – est présente en plein cœur de la ville. « Euromed’, ce n’est pas que les cols blancs du quartier d’affaires de la Joliette. On mène un gros travail de revitalisation de la ville constituée où subsistent des poches d’habitat dégradé : la rue de la République, l’îlot Hoche-Caire, le faubourg des Fiacres, la Belle de Mai... ». Ce travail de redynamisation urbaine ne se limite pas au seul périmètre de l’Opération d’intérêt national (479 ha). Avec les agences d’urbanisme Güller-Güller et TVK, la ville a ainsi engagé un grand programme de recomposition urbaine des quartiers qui bordent la gare Saint-Charles. Un secteur du 3e arrondissement qui forme la zone la plus paupérisée du pays.

Comme sur Euroméditerranée, la démarche dépasse le simple volet urbanistique : « au delà de l’habitat et de l’espace public, l’objectif est d’insuffler une nouvelle dynamique économique à ces quartiers populaires », plaide l’élue. « On part des usages des gens. Le projet est d’encourager le fourmillement d’initiatives qui existe dans ces quartiers ». Une ambition qui passe par le recours à l’urbanisme transitoire. « Il y a de nombreuses friches qui peuvent être le décor d’activités émergentes. C’est une opportunité offerte à des populations qui ne trouvent pas leurs marques dans un système immobilier classique », résume Laure-Agnès Caradec. Ce travail sur les usages irrigue toutes les stratégies d’aménagement urbain. Il est le fil rouge de l’appel à manifestation d’intérêt « Move » lancé par l’EPA Euroméditerranée le 15 novembre. « En attendant une reconversion globale, on met à la disposition de créateurs neuf sites en friche de la zone arrière-portuaire. C’est une manière d’accompagner le temps long inhérent à toute opération d’urbanisme... tout en pariant sur la réussite des initiatives qui peuvent, pourquoi pas, déterminer à terme le schéma de reconversion de ces quartiers ».

Les 100 qui font la ville

Les 100 qui font la ville, un hors-série du magazine Traits Urbains

Suivez-nous