Nicolas DETRIE Nicolas DETRIE © DR

Investir la ville dans ses interstices. Dans les espaces à l’écart des radars des investisseurs : friches industrielles, (in)hospitalières, tertiaires, terrains vagues et autres délaissés, et réussir à faire jaillir de l’urbanité, du vivre ensemble. Tel est le mantra de l’association Yes We Camp.

 L'association Yes We Camp est née en 2013 à Marseille, dans les quartiers nord, à l'initiative de Nicolas Détrie, aujourd’hui directeur. Là où d’autres optent pour la table rase, ce quadra se contente de l’existant. Avec les habitants, les artistes, créateurs, militants associatifs, il déploie des « campings » artistiques et écolos au beau milieu des murs décrépis de vieux bâtiments à l’abandon. Un fourmillement créatif qui tisse du lien social, engendre sa propre économie aux antipodes du CAC 40 et trace de nouveaux horizons aux aménageurs. L'idée des "campings" est née en 2013 sur une friche portuaire à la belle étoile, à l'occasion de Marseille capitale européenne de la culture.

Foresta1 bis20 hectares de collines qui sont les remblais de la construction du centre commercial Grand Littoral, au cœur des quartiers Nord à Marseille. Bénéficiant d’une carte blanche de la part du propriétaire du terrain (la société Résiliance), Yes We Camp est parti à la rencontre des riverains pour « imaginer collectivement comment transformer ces espaces vacants en un “parc métropolitain”, un espace où l’on puisse bien sûr déambuler librement, mais aussi apprendre, rencontrer et exprimer ses talents ». © YesWeCamp

Aujourd'hui, elle a essaimé un peu partout. En 2015, la Ville de Paris a demandé à l’association de redonner vie à la friche urbaine de l’ancien hôpital Saint-Vincent-dePaul. Pari réussi qui sera suivi d’une saison 2 (lire nos portraits d’Aline Chambe et Simon Laisney). La recette gagnante a pour axiome l’ouverture du champ des possibles, l’audace, le projet partagé... Une aventure urbaine qui se poursuit aujourd’hui à Nanterre sur une friche polluée de 8 000 m2, sur un espace de remblai niché au beau milieu des cités des quartiers Nord de Marseille, mais aussi dans d’anciens locaux de l’administration en plein cœur de la cité phocéenne. Autant d’espaces d’urbanisme transitoire qui ont pour point commun l’énergie communicative issue du brassage des cultures. Un monde où tout redevient possible.

groues2 bis« Investir dès maintenant une friche de 9 000 m2, avec la conviction que ce qui s’y passe aujourd’hui contribue à fabriquer le quartier de demain ». C'est l'idée de départ de Vive les Groues, à Nanterre. Planter des arbres, proposer un espace de verdure, partager un atelier, révéler les histoires locales, organiser des réunions, des ateliers et des moments festifs « deviennent autant de possibilités pour faire émerger une identité et des usages spécifiques » au quartier. © YesWeCamp

 

Les 100 qui font la ville

Les 100 qui font la ville, un hors-série du magazine Traits Urbains

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