Sébastien MAIRE Sébastien MAIRE © DR

Il est le « monsieur résilience » de la Ville de Paris. A la tête d’une équipe restreinte – il n’est pas responsable d’une administration –, Sébastien Maire, a la mission d’animer, depuis novembre 2015, de manière « ultra-transversale », la stratégie de résilience de la capitale. Le Conseil de Paris a adopté, à l’unanimité, en septembre 2017, un document foisonnant, déclinant tous azimut les principes, enjeux et politiques à mettre en œuvre afin de « mieux préparer le territoire à faire face aux enjeux du siècle », qu’il s’agisse de « chocs majeurs » (attentats, inondation…) ou de « stress plus chroniques » (dérèglement climatique, inégalités, migrations, pollutions).

« L’idée de résilience est qu’après le choc, un territoire, une organisation, un groupe, s’assure un développement de meilleure qualité que si le choc n’avait pas eu lieu », expliquait Sébastien Maire au congrès de la Fédération des promoteurs immobiliers, en juin dernier. Son travail a permis, au terme d’un processus ayant mobilisé plus de 800 personnes, de révéler six enjeux prioritaires, six points de faiblesse sur lesquels agir en urgence pour améliorer la résilience de Paris au cours du siècle qui vient : les inégalités sociales, économiques et territoriales, et les risques pesant sur la cohésion sociale ; le risque terroriste et le contexte sécuritaire ; le dérèglement climatique ; la pollution de l’air ; la Seine et les risques liés au fleuve ; enfin, la gouvernance territoriale.

Plus récemment, 35 actions réparties en neuf objectifs et trois piliers1 ont été présentées ; elles ont vocation à être mises en œuvre par les administrations concernées au sein de la Ville. Parmi ces actions figurent les « cours oasis » : dans toutes les cours d’écoles et de collèges de la ville (soit une surface totale de 70 hectares), les surfaces asphaltées seront remplacées, à horizon 2040, par un revêtement spécial moins créateur de chaleur et, absorbant l’eau de pluie. La végétation sera augmentée, et, à terme, ces cours ont vocation à être ouvertes au public, en particulier lors d’événements caniculaires. Cette rentrée, trois écoles étaient des « oasis ». A la rentrée prochaine, plus de 40 cours de récré auront été transformées.

Sébastien Maire a été élu de 2001 à 2008, Adjoint au maire de sa ville natale Besançon. Il a travaillé dix ans en Seine-Saint-Denis, comme directeur du développement économique de la Ville de Pantin puis directeur de cabinet de Dominique Voynet, maire de Montreuil jusqu’en 2014. Il est ensuite retourné sur les bancs de l’université et a obtenu à 40 ans un master de management de l’innovation dans les organisations et politiques publiques (Mines Paristech/ESCP/Paris X). C’est dans le cadre du Réseau mondial des 100 Villes Résilientes que la maire de Paris Anne Hidalgo, lui a demandé de concevoir et d’animer la stratégie de résilience de la Ville.

1. Une ville inclusive et solidaire, qui s’appuie sur ses habitants pour renforcer sa résilience ; une ville construite et aménagée pour s’adapter aux défis du XXIe siècle ; une ville en transition qui mobilise l’intelligence collective, adapte son fonctionnement, et coopère avec les autres territoires.

Les 100 qui font la ville

Les 100 qui font la ville, un hors-série du magazine Traits Urbains

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