Eric PIOLLE Eric PIOLLE © DR

Seul maire écologiste à la tête d’une grande ville, Eric Piolle aura poussé sa commune Grenoble sur les rails de la transition. Il faudra bien quelques années pour apprécier les fruits de cette transformation.

Conformément à ses promesses de campagne, Eric Piolle remet à plat tous les grands projets urbains lancés avant lui : l'Esplanade, Flaubert, le projet de Presqu’île, la rénovation de la Villeneuve. S’agissant des nouvelles constructions, la pédale douce est mise sur la densité, les hauteurs. L'accent est porté au contraire sur la sobriété dans les modes constructifs, avec l’intégration du bois, l’énergie verte, une meilleure régulation thermique des bâtiments, l’effort de mixité sociale, les modes doux, la lutte conte les îlots de chaleur, avec la végétalisation en pleine terre, la réappropriation des berges de l’Isère, la plantation d'arbres… Sous son mandat, les espaces verts se seront étoffés de 5 000 arbres, et selon les prévisions, 15 000 nouveaux arbres seront plantés d'ici 2030. « Le prisme très fort qui nous mobilise » se plait-il à dire, « est celui de considérer l'espace public comme un bien commun et non un bien de consommation ». Et l’équipe municipale d’avoir par exemple réduit drastiquement la présence de la publicité dans l’espace public, d’avoir lancé la mode du street-art, qui fait tache d’huile dans l’agglomération. Eric Piolle déclare aussi vouloir « sonner la fin de l'injonction du surplombant qui a marqué les dernières décennies de vie politique ». Et de mettre ainsi le paquet sur tous les dispositifs susceptibles d’impliquer davantage le citoyen : budget participatif, les démarches « Jardinons nos rues » et « Jardins à adopter », les vergers collectifs, les chantiers participatifs... Certes, la politique de l’écologiste aura rencontré quelques « arcs de résistance », selon l’expression du maire, « pollués parfois par des jeux politiciens » regrette-t-il. Néanmoins, il se réjouit que des espaces de dialogue avec les commerçants, les habitants, auront fini par se recréer.

« Au début du mandat, on nous demandait toujours : “Quel sera votre grand projet, votre bâtiment phare ?" » s’amuse à rappeler Eric Piolle. « Maintenant on ne nous pose plus cette question. L'état d'esprit ambiant a changé, on est bien entré dans une logique de transition ». En dehors d’un ambitieux plan Ecoles à l’effigie de leurs idéaux, le maire et son équipe ne vont lancer aucun projet urbain d’envergure. D’une part, il y a fort à faire avec ceux en cours, d’autre part, il est fini le temps ou la ville centre payait rubis sur l’ongle une grande salle de spectacles de dimension métropolitaine. En quelques années, nul doute que les écologistes ont acculturé la ville, ses acteurs et ses habitants, au défi du changement climatique. Et ce d’autant plus aisément que la Métropole grenobloise se tient sur la même longueur d’onde, en portant la création d’une zone de basse émission, la généralisation du 30km/h, l’élargissement du plateau piétonnier du centre-ville et la construction d'un réseau « chronovélo ». « On pose les nouvelles briques de la ville en transition, dans tous les domaines, autour de l'alimentation, de la santé également, et ce qui est important c'est le cap », assène Eric Piolle, « cap qui repose sur trois piliers : garantir la sécurité des besoins essentiels ; chérir les biens communs (l'eau, l'énergie, la biodiversité) et nourrir la liberté de contribuer de chacun, car c'est cela qui permet de réinventer la ville, non pas de suivre un guide suprême ».

plantation Place Grenette bis

Une plantation d’arbres place Grenette. DR

Les 100 qui font la ville

Les 100 qui font la ville, un hors-série du magazine Traits Urbains

Suivez-nous