2025
Inclassable. Et de par le fait incontournable. À la base, Sylvain Grisot n’est pas urbaniste mais anthropologue. À ce titre, il est de la dernière génération à effectuer un service militaire en coopération, en Tunisie, à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, dont il gère durant deux ans la revue scientifique. (...)
« Je suis architecte depuis trente-cinq ans. Pendant vingt ans j’ai fait comme les autres. Jusqu’au moment où j’ai trouvé que cela n’allait pas assez loin. J’ai alors commencé à penser décroissance », explique Frédéric Denise. Avec une forte interrogation : « Comment rester architecte alors que c’est un des métiers les plus impactants pour l’environnement ? C’est là que j’ai voulu redéfinir mon architecture : construire le mieux et le moins possible. Je suis un militant, j’essaie de changer le monde en faisant. »
« L’architecte est au bon endroit pour lier les questions sociales et écologiques s’il fait un gros pas de côté par rapport à l’industrie et qu’il s’engage sur la question programmatique pour lui donner ses meilleures chances ». Cette volonté de créer des projets alliant les questions sociale et écologique est au cœur du travail de la Scop d’architecture Grand Huit. (...)
« Mon travail, c’est de faire en sorte que les hypothèses que je fabrique fasse prendre les meilleures décisions possibles au nom d’une science connue, d’une évaluation avérée ». Titulaire d’un diplôme de l’Ensa Paris Val-de-Seine, d’un DEA « Jardins-Paysages-Territoires » de l’EHESS, d’un doctorat en urbanisme à l’EUP et d’une habilitation à diriger des recherches en géographie à l’ENS Lyon, Eric Daniel-Lacombe est un architecte multitâche qui met la pluralité de ses formations au cœur de son métier. Tout juste diplômé, il commence à enseigner dans des écoles d’architecture. Aujourd’hui titulaire de la chaire « Nouvelles urbanités face aux risques naturels » à l’Ensa Paris-La Villette, il anime depuis 15 ans un cours sur les problématiques liés aux risques « naturels ». A raison de 20 étudiant.e.s par an, il a formé 300 architectes sur ces questions. Une « grande fierté » pour lui.
Diplômé de l’école Polytechnique et de l’Ecole nationale des Ponts et chaussées, Benoît Gérardin a commencé son parcours comme ingénieur d’arrondissement voirie-travaux publics au Conseil départemental du Nord pendant trois ans. (...)
« Encore aujourd’hui, cela me fait drôle de m’assoir dans son fauteuil », avoue Patrice Costa, président de l’Institut européen d’écologie de Metz, en s’installant devant le bureau qu’occupa son prédécesseur et « père spirituel », le botaniste messin Jean-Marie Pelt. Grand reporter, auteur, naturaliste et ornithologue, l’ancien journaliste occupe depuis le printemps 2023 l’étage de direction du cloître des Récollets. C’est dans ce couvent médiéval organisé autour d’un jardin de simples, plantes médicinales jadis obligatoires dans les lieux recevant du public, que Jean-Marie Pelt peaufina le concept d’écologie urbaine dans les années 70.
Diplômé de l’Ecole polytechnique – son rêve d’enfant - et ingénieur du Corps des Mines, Benjamin Fremaux a commencé sa carrière comme chef de la division Développement Industriel et Énergie de la DRIRE Languedoc-Roussillon, également chargé de mission « développement économique et recherche » auprès du Préfet de région. (...)
« L’architecture est une discipline profondément utile » : de son bureau perché dans les étages de l’Institut méditerranéen de la ville et des territoires (IMVT), Hélène Corset-Maillard a une vue plongeante sur la Méditerranée.
Mais aussi sur la porte d’Aix, entrée de ville de Marseille dont le tissu est régénéré par Euroméditerranée, opération d’intérêt national dont l’IMVT est l’un des emblèmes, au croisement de l’architecture et de l’urbanisme.
Chercheur en psychologie sociale à l’Université de Lyon, associé à la Chaire Innovation publique, Nicolas Fieulaine croule sous les sollicitations en sa qualité de spécialiste de l’approche comportementale. L’Etat, l’Ademe, la
SNCF qui lui confie la direction scientifique de la « Nudge unit SNCF Francilien », les territoires, les métropoles, les GIEC locaux... Les décideurs publics sont de plus en plus nombreux à faire appel à ses lumières. (...)
En tant qu’architecte, elle a participé deux fois au concours : Europan 6, en Suisse, en 2001-2002 et Europan 11, à Toulouse, en 2010-2012. Elle a ensuite collaboré avec l’association Europan pour expertiser les projets
des autres candidats. Et en juin 2024, elle a pris ses fonctions de secrétaire générale de l’association, à la suite d’Isabelle Moulin, qui a pris sa retraite. Autant dire que Julie Fernandez connaît de l’intérieur les enjeux et défis
de ce concours international : « Faire bouger les lignes ! C’est une bouffée d’oxygène, un espace de générosité et un temps de réflexion. (...)
Un portrait : n’était-ce pas anachronique au moment même où « les acteurs de l’aménagement et de l’urbanisme devaient reconsidérer leurs pratiques pour sortir d’un modèle qui avait conduit à gager l’avenir de la planète et menaçait aujourd’hui la viabilité de nos milieux de vie ? Plus que la mise en exergue de leur parcours, n’était-ce pas plutôt leurs convictions et leurs engagements pour édifier de nouveaux espaces de cohabitation plus justes et soutenables qu’il convenait aujourd’hui d’exposer ? ».
On ne présente plus Yves Contassot, figure familière de l’écologie française des trente dernières années. Conseiller de Paris depuis 2001, adjoint au maire Pierre Delanoë durant sept ans, il éveilla la capitale à la protection de son environnement, et en particulier de ses espaces verts, et à l’impérieuse nécessité de lutter contre le réchauffement climatique.
« Un bon promoteur est un ensemblier urbain capable de trouver la juste équation immobilière, qu’il s’agisse d’un foncier à recycler, d’un immeuble à transformer ou d’un patrimoine à réhabiliter. L’enjeu est de conjuguer qualité de la transformation urbaine, soutenabilité du modèle économique et co-production avec les acteurs publics, garants de l’intérêt général, tout en minimisant l’impact environnemental du projet. » Après un diplôme à Sciences Po Paris, Sharon Elbaz passe l’agrégation d’histoire à la Sorbonne et devient enseignantchercheur pendant une dizaine d’années. (...)
Un tandem architecte / urbaniste qui souhaite passer les zones commerciales à la moulinette citadine. Bien avant que le gouvernement Attal lance un appel à manifestation d’intérêt pour le plan de transformation des zones commerciales, Renaud Tarrazi et Céline Betito ont planché sur le devenir des boîtes à chaussures de la grande distribution. Le premier, architecte, colosse sympa à la tête de MAP architecture, une des plus grosses agences d’architecture et d’urbanisme de la métropole marseillaise, et la seconde, urbaniste en libéral passée par des bureaux d’études et des groupes de promotion (Akeris, Quartus), ont créé CHUTT (Collectif d’Hybridation Urbaine
des Territoires de Transition), démarche qui fait de l’hybridation urbaine la nouvelle boussole de la revitalisation de ces mégas malls périphériques menacés d’obsolescence. A l’origine du projet, Céline Betito se souvient : « En 2022, après cinq ans en tant que responsable du développement chez Quartus, j’ai eu envie de créer ma boîte. Durant la crise sanitaire, hantée par les enjeux d’habitabilité, j’avais suivi une formation d’architecte d’intérieur. Diplôme Bac + 5 en poche, je suis allée voir Renaud que j’avais croisé à plusieurs reprises en lui disant : ’’J’ai une idée à te proposer’’... ». Au départ, le projet consistait à explorer les enjeux de porosité urbaine, cette capillarité des usages qui forme le ferment de l’urbanité. « En discutant avec Renaud, la porosité a rapidement glissé vers le concept d’hybridation », rembobine l’urbaniste.