2025
« Je fais de l’architecture pour faire des bâtiments accueillants et protecteurs ». « L’architecture ça se partage, c’est un système ouvert, dans lesquels différents acteurs de différentes formations, intérêts peuvent s’exprimer, et c’est à nous d’en faire la synthèse. (...)
Multidiplômé - DESS Démographie et statistiques et DESS Aménagement du territoire de l’université de Bordeaux, DEA d’études urbaines de l’université de Toulouse – Jean Jaurès, docteur en aménagement et urbanisme de l’université Paris-Sorbonne –, Alain Cluzet a mené un parcours tout entier dédié au service public : à la DDE de Seine-et-Marne, puis dans des villes (Saint-Germain en Laye comme directeur de l’urbanisme, de l’environnement et de l’habitat, Saint-Etienne comme directeur de l’aménagement, de l’urbanisme et de l’habitat puis comme DGA aménagement, économie et environnement) ; au conseil départemental de l’Essonne comme
directeur général adjoint sur les champs du développement économique, de l’aménagement urbain, des aides aux collectivités et des co-financements Région-Etat ; puis à des postes de directeur général des services à la
communauté d’agglomération du Plateau de Saclay, à la mairie de Courbevoie (en même temps que DGA de l’établissement public territorial Paris Ouest La Défense), et au Grand Avignon.
S’il fallait désigner une mémoire du rapport entre biodiversité et ville, Philippe Clergeau pourrait prétendre au titre. L’actuel président du conseil scientifique de Plante & Cité, plateforme d’échange de pratiques et études entre quelque 700 membres sur le végétal en milieu urbain, et professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle s’est investi depuis trente ans dans la relation au sein de ce couple, dont il a mesuré l’évolution. Car celle-ci a bien changé, depuis l’association des animaux au qualificatif de « nuisibles » à chasser de l’espace public jusqu’à la prise en compte du plein apport de la faune et de la flore à la construction de celui-ci. « Dans les années 1990, le responsable d’équipe de l’Inra dans le domaine de l’écologie urbaine que j’étais se sentait bien seul, à la fois dans mon milieu de recherche et dans les quelques congrès et colloques sur la fabrication de la ville où l’on voulait bien m’inviter », rappelle-t-il.
« La Seine-Saint-Denis est un territoire auquel on s’attache car il est plein d’enjeux. Il y a de grands projets de transports, de renouvellement urbain, des enjeux écologiques forts avec un passé industriel important et les Jeux olympiques et paralympiques ». Aujourd’hui directrice générale adjointe du Pôle Fabrique de la ville durable à Plaine Commune, Damaly Chum a fait toute sa carrière dans ce territoire qui « concentre tant de grands sujets ».
Trois fois lauréate Europan, lauréate des derniers Ajap (Albums des jeunes architectes et paysagistes)… Iris Chervet trace sa route et conjugue les approches architecturale, urbanistique et paysagère au service d’« une conception transversale où l’attention aux milieux naturels prévaut sur l’organisation des milieux construits ». La trentenaire explique : « L’intérêt de cette démarche multiscalaire est de pouvoir essayer de réparer les géographies qui ont été “percutées” par l’urbanisme pendant un certain nombre de décennies. Ce travail de restauration presque patrimonial sur le paysage guide nos projets ».
Ana Maria Cartier fait partie des premières générations d’étudiants en urbanisme à avoir reçu un enseignement sur le développement durable. En 2007, après un mémoire sur « Les énergies renouvelables au sein des centres hospitaliers » et son Master Aménagement et urbanisme durable de l’Université Paris IV Sorbonne en poche, elle intègre le groupe Bouygues qui recrute alors des collaborateurs sur ces thématiques. « Chez Bouygues Immobilier, j’ai ainsi travaillé sur le premier immeuble de bureaux à énergie positive, Green Office® à Meudon, en tant que responsable programme tertiaire, ou j’ai été impliquée dans le projet dès le dépôt du permis et jusqu’au DCE, j’ai pu piloter des démarches environnementales HQE, BREEAM, LEED… et obtenu des subventions aux études expérimentales sur les énergies renouvelables appliquées ».
« L’attention que l’on porte à l’autre et à l’environnement », tel est le fil rouge du parcours qui a mené Clémence Carré à la présidence du Conseil français des urbanistes, à l’issue de la 28e université d’été, fin août 2024, succédant à Pascale Poupinot. « Je me suis formée dans un premier temps aux sciences humaines (psychologie option sociologie, notions d’épistémologie, d’ethnologie et d’anthropologie), avec une sensibilité particulière
pour les domaines de la clinique, du cognitivisme et de la psychologie sociale, tout en travaillant dans le domaine de l’accueil et de l’hébergement médicalisé ».
Dans le bureau de la toute jeune chaire d’urbanisme et d’aménagement de l’université de Lorraine, une douzaine de feuilles A4 scotchées au mur résument une année d’activité trépidante. Des conférenciers de renom sont venus exposer aux étudiants les enjeux de la rénovation urbaine. Des journées d’études ont balayé des thèmes aussi divers que la numérisation des données urbaines, les éoliennes ou les infrastructures du développement durable. Dédiés aux problématiques régionales, les ateliers lorrains ont réuni élus locaux, entrepreneurs ou financeurs autour de tables rondes consacrées aux friches industrielles ou à l’habitat participatif. La dizaine de manifestations organisées depuis la création de la chaire en janvier 2024 à la fac de droit du campus du Saulcy, à Metz, a déjà drainé un bon millier de participants. Chacune d’entre elles a conforté la dimension résolument éclectique de la nouvelle chaire.
Diplômée en 2008 de l’école polytechnique et de l’ENPC, Mélanie Castel Beaugelin devient ingénieure spécialisée dans le calcul des structures et les projets architecturaux. Elle commence sa carrière au sein du groupe d’ingénierie Setec bâtiment, d’abord comme chargée d’études sur le projet de la fondation Louis Vuitton puis comme cheffe de projet où elle supervisera notamment le projet de deux dépôts de métro à Riyadh, en Arabie Saoudite, puis la phase travaux de la construction de la fondation LUMA à Arles.
« On parle de choc de l’offre au gouvernement : nous en voulons un et nous pensons qu’il peut venir de la valorisation de ces bâtiments vides qui demandent à être occupés » : avec une trentaine de sites ouverts et environ 400 personnes logées ou anciennement logées dans une de leurs colocations, le modèle de l’association Caracol semble porter ses fruits. Sur des sites inoccupés de manière temporaire pour une durée d’au moins deux ans et mis à disposition gratuitement par leurs propriétaires, l’association propose à des personnes vulnérables de créer des colocations interculturelles pour des loyers largement en dessous du prix du marché. En parallèle du logement, l’association fournit un accompagnement social permettant à ses locataires de « rebondir vers un logement pérenne et vers l’emploi ».
L’Atelier de paysages Bruel-Delmar a trente-cinq ans. Tout juste diplômée de l’École nationale supérieure de paysage (ENSP) de Versailles, Anne-Sylvie Bruel a eu l’audace de créer son propre atelier. Christophe Delmar a suivi, pour sa part, une formation de jardinier à l’école Dubreuil, avant d’enchaîner sur un premier cycle d’architecture puis d’intégrer l’ENSP. Les deux s’associent donc en 1989 dans l’objectif d’interroger la reconnaissance des territoires et le rapport ville-campagne.
Avec son étiquette Lidl sur le dos, il pourrait d’emblée être catalogué du côté des acteurs de la « France moche »… Coordinateur national Programmes et stratégies immobilières durables au sein de l’opérateur commercial, Nicolas Boulbès le concède sans ambages: « ça me chagrine un peu mais je le comprends ». Et de poursuivre : « je veux faire partie de ceux qui contribuent à un renouveau et faire en sorte que l’on transforme cette France moche en France inspirante » (...)
En mars dernier, Christine Bost est devenue la première femme à prendre la tête de la Métropole bordelaise, suite à la démission, pour raisons de santé, d’Alain Anziani, le maire PS de Mérignac. Une belle reconnaissance pour cette femme dont l’expertise en matière d’aménagement et de fonctionnement des territoires bordelais et girondins est unanimement saluée par les élus locaux de tous bords. Il faut dire qu’à tout juste 51 ans, Christine Bost a déjà derrière elle une impressionnante carrière politique. (...)
Directeur de l’Agence d’urbanisme d’agglomérationsDirecteur de l’Agence d’urbanisme d’agglomérationsde Moselle (Aguram) depuis juin 2024, RégisBrousse connaît pourtant la structure depuis fort longtemps. Le juriste mosellan a intégré la Communauté d’agglomérationde Metz Métropole dès sa création en 2002 en tant que directeur adjoint du pôle urbanisme. A cette date, les deux dernières lettres de l’acronyme Aguramdésignaient l’agglomération messine. Les deux structuresse sont développées en parallèle pour accompagnerla métamorphose de la préfecture mosellane. Au coursdes deux dernières décennies, la métropole a vu éclore le centre Pompidou-Metz, le nouveau centre-ville du quartier de l’Amphithéâtre ou encore le réseau de transports en commun Mettis. (...)