2022
Son école de formation urbaine, Paul Meyer l’a fréquentée sur les bancs du conseil municipal et des espaces publics. Nouveau délégué général de l’Union nationale des aménageurs (Unam) depuis cet été, le Strasbourgeois de 39 ans s’est frotté au façonnage de la ville en tant qu’acteur très direct, dans ses fonctions d’adjoint au maire de 2008 à 2020. Celles-ci l’ont fait sortir de la relative bulle de l’encadrement politique (au PS) des années précédentes.Ses nombreuses délégations, surtout durant son second mandat, l’ont mis en relation avec un large panel des thématiques urbaines : économie, commerce, tourisme, insertion, numérique, économie sociale et solidaire… Il a été dans le même temps maire de quartier, dans le secteur très diversifié du centre-ville. Face à « quelques échecs » qu’il reconnaît lui-même comme « le transfert manqué de friches militaires de l’Etat vers la Ville » ou la connexion entre la gare routière et la gare ferroviaire pour y structurer un pôle de logistique urbaine, et même face à des « erreurs » comme la constitution du front urbain de l’avenue du Rhin « créateur d’un îlot de chaleur ».
« Notre parcours c’est le nôtre ». On ne croise plus beaucoup d’hommes ou de femmes comme Paul Rolland, co-gérant de l’agence 2PM A. A l’époque des coachs et du prêt-à-penser, ce Bordelais d’origine trace sa propre route, affranchi des dogmes et de tout « héritage trop lourd », guidé par une liberté intellectuelle qu’il revendique. Etudiant déjà, il ne suit pas le même cursus que ses futurs collègues puisqu’il passe d’abord un DUT de génie civil à l’université de La Rochelle - cette « orientation chantier » ne l’a d’ailleurs jamais quitté. Puis il se forme au métier d’architecte à l’Ecole nationale supérieure et de paysage (ENSAP) de Bordeaux avant de partir faire son master à Bangkok, expérience ô combien formatrice : « De mes nombreux voyages dans un certain nombre de villes d’Asie mais également d’Amérique du Sud, je suis revenu avec une sensibilité particulière aux usages. Quand vous voyez une famille cuisiner sur un trottoir au pied d’une tour, ça bouscule forcément votre perception du métier ». (...)
Virginie Vial, c’est un peu la saison 3 de la série à succès Ile de Nantes. Une nomination en interne puisque Virginie Vial est au service de la Samoa depuis 2009 (elle a donc travaillé avec ses deux prédécesseurs), en charge des études et du développement durable au sein du pôle urbain de la structure. Virginie Vial a notamment piloté l’élaboration et la mise en œuvre du « manifeste pour une île durable ». Auparavant cette diplômée de l’Ecole supérieure de commerce de Paris et du cycle d’urbanisme de Sciences Po a travaillé dans le privé – « ce qui nécessite un certain pragmatisme » - au développement du quartier Val d’Europe à Marne-la-Vallée, puis au sein de la Sem Val de Seine au réaménagement des anciennes emprises Renault à Boulogne-Billancourt.
Par les temps vertueux qui courent, les maires bâtisseurs n’ont plus forcément bonne presse mais Nicolas Samsoen assume. Il faut dire que le maire de Massy (Essonne) a un parcours dans l’aménagement qui lui confère une certaine légitimité : ce Normalien, ingénieur des Ponts et diplômé de la London School of Economics, travailla à la DDE de la Somme ; fut conseiller urbanisme de Gilles de Robien à l’heure de la loi Urbanisme et Habitat, qui remania fortement la loi SRU ; dirigea durant cinq ans l’EPA du Mantois Seine Aval ; puis durant deux ans l’agence AREP en Asie.
A la tête de la SPL Lyon Part-Dieu depuis le printemps 2022, Florent Sainte Fare Garnot a une feuille de route qui tient en deux mots : révolution paysagère. Formulée ainsi par Grégory Doucet, le maire de Lyon, également président de la SPL, l’ambition qui vaut mission fait figure de défi, sur l’un des territoires les plus minéraux de la capitale des Gaules. Florent Sainte Fare Garnot se l’est déjà appropriée. « J’aimerai offrir à la Part-Dieu un langage urbain qui fasse parler l’arbre et la tour », dit-il. Le normalien a gardé le sens de la formule.
« Développer une approche humaniste de« Développer une approche humaniste dela ville et de l’architecture » : telle est l’aspiration qui guide chaque jour les trente collaborateurs de Sathy, la sociétéd’architecture créée en 2011 par le Coréen Tae-Hoon Yoon. Fils d’une sculptrice, le jeune Tae-Hoon débarque à l’âge de douze ans à Paris, où, après avoir connu Séoul,il va pouvoir cultiver son « amour des villes ».(...).
Joël Bruneau, né à Châteauroux il y a 59 ans, n’est peut-être pas le maire le plus médiatique de France, ni même de Normandie, mais c’est un redoutable coureur de fond. Il fut, en effet, vice-champion national de cross-country et remporta la très réputée course Alençon-Médavy en 1988. En matière de politique même souffle : après avoir débuté en tant que collaborateur parlementaire de Jean Royer, député-maire de Tours et ancien ministre, Joël Bruneau fut le directeur de cabinet de René Garrec, président du conseil régional de Basse-Normandie, puis directeur général des services de cette même collectivité jusqu’aux élections de 2004.(...).
Pour quelqu’un qui n’était « pas prédestiné aux sujets urbains », Damien Robert en a exploré de nombreux et d’importants. L’étudiant à l’Essec, déjà passionné par les affaires publiques, suit le cursus d’économie urbaine - première chaire sur ce thème proposée par une grande école de commerce. Après un passage chez Cap Gemini, il plonge au début des années 2000 dans le « bain urbain » à la faveur de la création de l’Anru, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine. « Un mode opératoire nouveau, un programme très ambitieux » porté par Jean-Louis Borloo pour lequel il confesse « beaucoup d’admiration ».
« Je suis né dans une HLM » : derrière sa longue silhouette de marathonien, Frédéric Lavergne rappelle ses origines modestes. Ce Cantalou petit-fils d’agriculteurs est aujourd’hui à la barre d’Erilia, l’une des principales ESH du groupe Habitat en Région. Une entreprise marseillaise mais au rayonnement national qui permet à ce grand voyageur de sillonner la France des villes et des champs. « Quand on naît à Aurillac, on se confronte assez tôt à la Diagonale du vide. Dès mes études de gestion, j’ai quitté le Cantal pour Toulouse puis Montpellier où j’ai passé un DESS de finances », se souvient-il. Diplôme en poche, il décroche un stage à la Scet qui préparait la mise en place d’une Sem patrimoniale à Nîmes. « J’ai découvert l’univers de l’urbanisme. Ça m’a tout de suite passionné... ».Dans la foulée, en 2001, à 23 ans il obtient son premier job au siège de la SNI à Montpellier. « J’y ai fait mes premières armes dans le logement. J’y suis resté dix ans à préparer les bilans d’opération et les dossiers des comités d’engagement des investissements ».(...).
Lorsqu’en 2019 Lille avait annoncé sa candidature au titre de « Capitale verte européenne » 2021, d’aucuns avaient esquissé un sourire en coin, et pas seulement dans le camp écologiste. La métropole nordiste est, en effet, plus connue pour ses pics de pollution que pour ses espaces naturels. Mais il fallait voir au-delà des apparences : ce coup de com’ visait avant tout à accélérer la mobilisation pour la transition écologique du territoire.(...).
« L’urbanisme, c’est une question d’échelles... » : directeur général de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam) depuis février 2022, Frédéric Bossard a eu l’occasion de vérifier ce postulat sur le terrain au fil d’une carrière qui l’a conduit de Colmar à Marseille, après des expériences en agences d’urbanisme à Grenoble, Lille et Saint-Etienne.Un mini tour de (la) France des Villes que ce Cévenol formé à l’école architecture de Montpellier n’aurait pas imaginé au sortir de ses études. Après un mémoire sur la Mission Racine, la mission de l’Etat gaullien qui a pensé le développement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon, et un DEA de sciences politiques et de géographie urbaine à l’université de Montpellier, le hasard des opportunités le conduit à Colmar, au CAUE du Haut-Rhin. Huit mois plus tard, le voilà promu à la direction du CAUE du Doubs, à Besançon.(...).
Chez Fabienne Abecassis, le logement commence par l’urbanisme. « Sur mes papiers d’identité, à la case profession, je précise toujours : urbaniste », sourit cette fringante quinqua aujourd’hui directrice de Logirem, ESH marseillaise du groupe Habitat en Région rayonnant sur la Corse et Provence-Alpes-Côte d’Azur (23 000 logements).Des cités de Mantes-La-Jolie aux barres de La Bricarde, dans les quartiers nord de Marseille, la diplômée de l’Institut d’urbanisme de Paris tente d’instiller « de l’humain dans l’urbain ». Pas une sinécure quand on œuvre dans des organismes HLM soumis depuis deux décennies au primat de la chirurgie lourde de la rénovation urbaine. « Le problème, c’est moins les barres et les tours que ce qui se passe à l’intérieur », résume cette férue d’aviron qui tient fermement la barre de Logirem depuis trois ans et demi. « Le dogme de la démolition, on en revient aujourd’hui... », observe la dirigeante qui a démarré sa carrière au mitan des années 1990 sein de l’Office Opievoy, en Ile-de-France. « C’était l’époque des GPV. J’ai commencé par la réhabilitation avant de devenir cheffe d’agence à Trappes où vandalisme et trafic de stupéfiants obscurcissaient déjà le paysage » (...).
Le toucher est le seul de nos cinq sens qui implique une réciprocité : je peux voir sans être vu mais je ne peux pas toucher sans être touché. » Voilà donc l’explication au mystérieux vocable « tact » qui ne fait absolument pas référence aux initiales des associé.e.s de cette agence créée à Nantes en 2012 : Maëlle Tessier, Matthieu Germond et Paul Chenneberg. « Cela dit simplement notre attention au monde, c’est juste une attitude », pose MaëlleTessier. (...).
Passons sur les innombrables prix, médailles et autres distinctions du récipiendaire, passons sur l’abondance de labels échus à ses projets, passons sur le volume considérable de ses livres, films, conférences, cours, expositions, pour nous recentrer sur l’essentiel : Philippe Madec avait tout compris avant l’heure. Ce pionnier de l’écoresponsabilité met, en effet, cette approche en pratique dès le début de son activité professionnelle au crépuscule des années 80. L’architecte conçoit toutes sortes de bâtiments bioclimatiques avant même que le terme ait été inventé. L’urbaniste milite pour un « ménagement » des territoires et une architecture vernaculaire respectueuse des héritages et à même de répondre aux grands enjeux écologiques et sociaux du futur, lesquels ont alors à peine été identifiés (...).