2022
Il vient de livrer la tour Watt, adossée au socle recouvrant les voies ferrées de la gare d’Austerlitz, dans le 13e arrondissement de Paris. Enfin… livrer… Celle-ci fut construite dans les années 70 et l’agence VLAU l’a chapeautée de trois étages en bois. Et cela n’a l’air de rien mais vous avez tout Vincent Lavergne dans ce projet : le technicien, qui débuta sa formation à l’Ecole professionnelle d’assistant en architecture (EPS-AA), où recrutaient naguère les architectes passés par les Beaux-Arts ; et l’urbaniste à la fibre socio-historique qui suivit ensuite le master de Jean Harari à la Villette.
Affable et dynamique, Florence Guillemin accueille ses visiteurs dans les jolis bâtiments blancs qui abritent l'Eurodistrict Saarmoselle, à deux pas du château de Sarrebruck. La création, en 2010, de ce groupement européen de coopération territoriale qui regroupe 600 000 habitants, résulte de trois décennies d'un patient rapprochement transfrontalier. Normande d'origine, la spécialiste du droit public était encore bien jeune lorsque des fonctionnaires, puis des élus mosellans et sarrois, entreprirent de fédérer à l'échelle transfrontalière un territoire mi-ouvrier, mi-rural, marqué par les guerres et les séquelles de l'industrie lourde. Nommée en février à la direction d'une équipe de six personnes, Florence Guillemin y a pourtant pris ses marques avec facilité.« Je suis contente d'arriver au bon moment. L'essentiel du travail est fait, la feuille de route est rédigée et nous entrons en phase de construction », annonce la directrice.(...).
« Dans l’aménagement urbain, on voit le projet en train de se faire. En six mois, on perçoit le changement sur le terrain ... ». Première femme à la direction de l’établissement public d’aménagement (EPA) Nice Ecovallée, Sarah Bellier goûte les vertus de l’opérationnalité inhérente aux grands projets d’urbanisme. « Même si le monde de l’aménagement est le monde des injonctions paradoxales, le projet urbain reste avant tout un projet politique », lance cette juriste titulaire d’un Mastère en management stratégique des ressources humaines décroché à HEC. Le politique justement et le sens de l’intérêt général, elle en a appris tous les rudiments au fil d’une carrière démarrée chez Côte d’Azur Habitat, office HLM de la ville de Nice (20 000 logements). « J’y suis resté 14 ans, d’abord comme responsable des ressources humaines puis en tant que secrétaire générale. J’y ai connu cinq présidents et huit directeurs généraux ». Durant ce long passage chez le bailleur azuréen, elle a notamment piloté la transformation de l’établissement public administratif en établissement public de caractère industriel et commercial (Epic). « Un gros changement dans un organisme doté d’une forte représentation syndicale... », se souvient Sarah Bellier (...).
Marie Evo est tombée dans la marmite urbaine quand elle était toute petite. « Mon père était urbaniste et avait son bureau à la maison. J’allais faire développer les diapos… et parfois le soir je ‘grattais’ parce que j’aimais bien ça ». Les difficultés quotidiennes du métier n’ont pourtant pas de quoi l’encourager... Suivant le parcours classique des bons élèves, elle se dirige vers les classes préparatoires, puis des études d’ingénieur. A sa sortie de Centrale Lyon, elle entre en 1996 chez Setec - « une bonne maison, avec des ingénieurs expérimentés qui m’ont aidé à structurer ma façon de travailler et de penser » - mais ne perd pas de vue un objectif : devenir architecte. Elle poursuit en parallèle ses études à l’Ecole spéciale d’architecture. Diplômée en 2001, elle y enseignera en atelier d’architecture, tout en poursuivant son travail d’ingénieur structures qui l’amène à s’intéresser, notamment, au développement de la maquette numérique (...).
« J’ai l’impression de faire un petit peu » dansn la lutte contre le dérèglement climatique, dit modestement Hélène Chartier. Ce « petit peu », elle le concrétise dans lesgrands programmes de l’association C40 Cities, dont elle est directrice de l’urbanisme et du design.Grandie à Marne-la-Vallée, Hélène Chartier, bonne élève,intègre une classe préparatoire scientifique parisienne. (...).
Être le premier magistrat de la cité où se tient le plus grand salon de l’immobilier au monde fait-il automatiquement de vous un influenceur de la ville ? De ce genre considération David Lisnard n’a cure, mais il vous répondrait que son arrière-grand-père, entrepreneur du BTP, construisit le marché Forville au coeur du quartier historique de Cannes. Bref, l’homme politique encarté aux Républicains sait d’où il vient et il a également une idée assez précise du point où il veut aller. Depuis qu’il a été élu maire de Cannes en 2014, David Lisnard cultive son jardin, au propre, à travers la valorisation d’un cadre de vie exceptionnel, comme au figuré. Quand d’aucuns font de la montée des marches du Palais des Festivals la story ultime, lui gravit quatre à quatre celles du pouvoir. (...).
Arborant une tenue décontractée et une barbe blonde soignée, Julien Schmitz, presque quadragénaire, a conservé une allure juvénile, mais l'assurance de son propos force l'attention. Géographe de formation et enfant du pays, le directeur de l'agence d'urbanisme nord-lorraine Agape connaît parfaitement les enjeux de son territoire. Passionné d'histoire romaine, médiévale et turco-mongole, il connaît la valeur de la loyauté et de l'intégrité. A l'issue de ses études de géographie à la fac de Nancy, il a rejeté la perspective d'une carrière d'enseignant tant il craignait de s'enfermer dans des programmes rigides. (...).
« Petit, je rêvais d’être journaliste » : à 32 ans, David Ytier n’a pas exaucé son rêve. Il l’a réalisé par le truchement de sa compagne qui a sa carte de presse. Ce juriste titulaire d’un double Master en droit public et finances publiques a d’autres occupations qui le placent souvent dans l’actualité. Entre les cours de droit public qu’il dispense à l’université d’Aix-Marseille, ce fils de militants tombé très jeune dans le chaudron de la politique porte le costume d’élu : depuis 2014, il est adjoint (LR) aux finances de la ville de Salon-de-Provence (45 000 habitants) où il gère un budget de 80 millions d’euros. Et depuis deux ans, il a en charge le dossier de l’habitat au sein de l’exécutif de la Métropole Aix-Marseille-Provence (92 communes). Vice-président de l’intercommunalité, il a notamment repris le pilotage de l’élaboration du programme local de l’habitat (PLH), un document stratégique en gestation depuis... six ans. Un mandat qui lui vaut de présider la société publique locale d’aménagement d’intérêt national (SPLA-IN) mise en place par l’Etat, la Métropole et la ville de Marseille pour déployer l’immense chantier de la requalification du centre-ville de la cité phocéenne. Un chantier politiquement sensible dans un territoire dont les acteurs ont une culture de la coopération assez embryonnaire (...)
2021
C’est un spécialiste des politiques du logement qui préside à la production de « quartiers durables » en tant que directeur général d’UrbanEra, l’aménageur urbain de Bouygues Immobilier, et de l’Immobilier commercial. L’histoire commence il y a vingt-cinq ans (...).
Conduite par « un intérêt très fort pour le développement des territoires, notamment à travers les leviers de la culture et de l’innovation », Marion Apaire a étudié les sciences politiques (master Politiques publiques à Sciences Po Grenoble). Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France, festival Paris-Cinéma, puis Paris Métropole comme chargée d’études et du suivi des projets métropolitains (...).
A l’issue d’une démarche de transmission au long cours, Nicolas Michelin s’est mis en retrait de l’agence qu’il a fondée en 2001. Il entend « se consacrer davantage à un combat politique, philosophique et climatique ». Une passation officialisée le 8 septembre dernier, pour les 20 ans de l’agence, avec la présentation des sept associés, auquel il continuera de fournir son expertise sur certaines grandes opérations urbaines (...).
Voilà maintenant une quinzaine d’années que Clément Alteresco s’intéresse au sujet du coworking. Diplômé de Dauphine, il développe rapidement des qualités d’entrepreneur en série : après plusieurs pépites qu’il codéveloppe – citons notamment Digitick - il rejoint Fabernovel, qui lui confie le développement du premier espace de coworking en France, puis aux Etats-Unis, à San Francisco, en 2008 (...).
Inciter les habitants à regarder autrement les paysages du quotidien, leur faire découvrir des univers aussi proches qu’inconnus, tels qu’un belvédère surplombant une zone commerciale ou une passerelle méconnue franchissant des voies ferrées. Tel est le propos de l’association Sentiers métropolitains, pour qui, « au même titre qu’une bibliothèque, une piscine ou une école de musique, les sentiers métropolitains sont des équipements urbains de base » (...).
La cuisine peut changer la vie, y compris professionnelle. Cyrielle Callot pourrait le confirmer. A force de préparer ses aliments, la jeune femme s’est posé la question du devenir de leur superflu : où vont ses déchets une fois mis à la poubelle ? Que deviennent-ils ? Et peut-on leur réserver meilleur destin qu’aujourd’hui ? De ces interrogations est née l’association en 2018 avec Alexandre Guilluy et Kenzo Sato, les cofondateurs des Alchimistes, une entreprise de collecte et de compostage de biodéchets locaux. « Je me suis passionnée pour le sujet et ai en quelque sorte opéré ma propre transition », témoigne la cofondatrice en décrivant le virage professionnel qu’elle a pris, pas complètement à 90 degrés quand même. (...).