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Les 100 qui font la ville

2023

Le Grand Est constitue l'une des rares régions où elle n'ait jamais exercé, mais Magali Debatte, directrice régionale de la Banque des Territoires, se sent chez elle tant au siège strasbourgeois que dans les antennes de Nancy et de Châlons-en-Champagne. Nommée à ce poste en juillet 2022, l'ex-préfète de Charente n'a cessé de sillonner – en train et en co-voiturage – les six « plaques » dont la banque publique a maillé ce vaste territoire. Des grands pôles urbains aux frontières allemande, luxembourgeoise et belge, des anciens bassins industriels de Moselle aux zones rurales des Ardennes, des Vosges ou de la Meuse, l'ingénieure en électronique passée par le ministère de l'Intérieur, les services du Sgar et le corps préfectoral, pose sur ce territoire hétéroclite un regard neuf. « Je n'ai jamais raisonné en termes d'anciennes régions, mais en termes d'écosystèmes et de bassins de vie », explique l'ancienne chargée de mission économique de la Datar qui, en 2003, a œuvré à la constitution des pôles de compétitivité sous l'impulsion du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Elle garde un souvenir précis de la cartographie scientifique et technologique qui permit de déterminer des filières stratégiques pour relancer la politique industrielle française.

Fondée, il y a 40 ans, par Michel Péna, architecte paysagiste de renom, l'agence Péna Paysages, basée à Paris, change de mains en 2018. Ghislain de Larouzière, 47 ans, accède aux commandes. Patrick Bouchardon, 51 ans, le rejoint l'année suivante en tant qu'associé. Le tandem d'architectes-paysagistes se connaît très bien. « Avec Patrick, nous avons beaucoup de références communes. Il était chef de projet dans mon équipe à l'atelier Villes et Paysages, nous avons travaillé quasiment 13 ans ensemble avant de nous associer ». Patrick Bouchardon n’a « pas hésité une seconde quand Ghislain m'a proposé de l'accompagner » : « j'avais envie de construire quelque chose ».

Flonflons et jour de fête pour les équipes de Foncière Bellevilles, en ce 6 septembre 2023 à Toulouse, date de l’inauguration des nouvelles grandes Halles de la Cartoucherie. Micro en mains, tee-shirt floqué « Cartoucherie » sur le dos, Adrien Ramirez ne sait plus où donner de la tête : il assure la visite et la présentation des lieux auprès des élus et officiels. Celui qui a co-fondé (avec Alexandre Born, Sébastien de Hulster, François Gendre et Jérémie Loevenbruck), la Foncière Bellevilles en 2019, livre aujourd’hui la réhabilitation emblématique de l’entreprise.

Elle se définit en deux mots : « engagée et inventive ». Au vrai, Constance de Alexandris c’est bien plus qu’un engagement citoyen et des idées. En créant Ecoceaty en 2016, cette ancienne responsable de projet dans la promotion immobilière (Linkcity, Covivio, Redman), urbaniste de formation (DESS d’Urbanisme et d’aménagement de Sciences Po) a tout simplement ouvert un nouveau champ du projet urbain. Sa société, basée à Marseille, propose en effet d’intégrer des « écosystèmes alimentaires durables » à l’aménagement. « L’alimentation est un levier particulièrement efficace pour favoriser la cohésion sociale d’un territoire, agir sur les enjeux relatifs à la préservation de l’environnement mais également sur ceux questionnant la santé et plus généralement le bien-être », a pu observer celle qui a d’abord mis ses convictions au service d’un réseau d’épiceries sociales et solidaires.

Bien saisir l’impact d’un projet, notamment en aidant le donneur d’ordre à mieux définir sa commande et à qui elle s’adresse, ensuite miser sur la mobilisation de l’intelligence collective par la co-conception, avec le donneur d’ordres et les futurs usagers. Pierre-Paul Cursolle et Maxime Lefranc, fondateurs d’Aclaa1, partagent la conviction que leurs missions doivent se bâtir sur ces préalables pour amener tout le monde dans la même direction.

Depuis le 1er janvier 2023, Aurélie Cousi est directrice générale de l'établissement public d'aménagement Euroméditerranée (EPAEM). Une fonction opérationnelle de terrain pour cette X-Ponts qui avait été auparavant durant près de trois ans directrice de l’architecture au ministère de la Culture.

Un polytechnicien, encore un… Il n’est pas rare d’en rencontrer dans les colonnes de Traits urbains. Mais celui-ci a mis son efficience intellectuelle au service de la création urbaine. Ancien élève de l’X donc, mais aussi ingénieur des Ponts et chaussées et architecte DPLG, Thomas Richez crée son agence en 1985 avec Edouard François et Bertrand Rubus, dans une approche globale : d’emblée, il s’intéresse à la fois à l’architecture, à l’urbanisme et au paysage. S’ensuivront la conception de trois tours à Euralille, de l’ambassade de France à Singapour, d’une ville nouvelle en Malaisie, du quartier des Grisettes à Montpellier, mais aussi de projets de mobilités, domaine dans lequel l’agence fait référence. La liste est longue : les tramways du Mans, d’Orléans, de Brest, de Tours, de Casablanca, d’Angers, des pôles d’échange à La Baule ou Lens, des centres de maintenance à Bordeaux ou Champigny, mais encore la gare de Massy-Palaiseau du Grand Paris Express.

Depuis trois ans, Frédéric Corset dirige l’association EnvirobatBDM, réseau qui promeut la construction et l’aménagement durable en version méditerranéenne et souffle cette année ses vingt bougies. « A l’origine, Envirobat était un centre de ressources. Alors qu’Internet était encore balbutiant, c’était à la fois un forum et un pôle de recherche où maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage avaient la possibilité d’échanger sur leurs pratiques autour d’un mantra : comment adapter le modèle de la construction passive au climat méditerranéen ».

La prochaine étape marquante figurant à l’agenda de François Corre, directeur général d’Aménagement 77, est le lancement en 2024 des premiers chantiers de la Zac Centre Bourg (650 logements, 28 hectares) à Saint-Thibault-des-Vignes. L’aménageur assisté d’Aclaa et de l’agence Base a reconfiguré cette Zac créée en 2006 pour obtenir une autorisation environnementale et la remettre au goût du jour.  

© Florian Bouzigues

« Nous avons collectivement besoin de l’Economie sociale et solidaire (ESS) pour faire face aux défis sociaux et environnementaux du 21e siècle ». Co-initiateur il y a dix ans de la coopérative d’urbanisme transitoire Plateau Urbain dont il assure désormais la présidence du conseil de surveillance, Paul Citron s’est fait avec le temps un ambassadeurs de cette ESS dont il ne manque jamais de rappeler le poids macroéconomique : « 10 % du PIB de la France, 15 % des emplois du secteur privé, 2,6 millions de salariés et 30 millions de m2 d’activités et de bureaux. Au total, c’est environ 5Md€ de loyer annuel payé par les structures de l’Economie Sociale ! ».

Un polytechnicien, encore un… Il n’est pas rare d’en rencontrer dans les colonnes de Traits urbains. Mais celui-ci a mis son efficience intellectuelle au service de la création urbaine. Ancien élève de l’X donc, mais aussi ingénieur des Ponts et chaussées et architecte DPLG, Thomas Richez crée son agence en 1985 avec Edouard François et Bertrand Rubus, dans une approche globale : d’emblée, il s’intéresse à la fois à l’architecture, à l’urbanisme et au paysage. S’ensuivront la conception de trois tours à Euralille, de l’ambassade de France à Singapour, d’une ville nouvelle en Malaisie, du quartier des Grisettes à Montpellier, mais aussi de projets de mobilités, domaine dans lequel l’agence fait référence. La liste est longue : les tramways du Mans, d’Orléans, de Brest, de Tours, de Casablanca, d’Angers, des pôles d’échange à La Baule ou Lens, des centres de maintenance à Bordeaux ou Champigny, mais encore la gare de Massy-Palaiseau du Grand Paris Express.

Les 100 qui font la ville

Les 100 qui font la ville, un hors-série du magazine Traits Urbains