2023
« Passionné de ville durable et bas carbone », comme il se décrit, l’urbaniste Thomas Charrier, 33 ans, ose à peine dire qu’il voue également une forme de fascination au béton. « Bien sûr, je n’aime pas en voir couler mais je ne peux m’empêcher de dire qu’il y a quelque chose de magique dans les constructions en béton brut ». Il conçoit avant tout l’aspect durable de la ville dans sa circularité. « Avant de construire, regardons l’existant », insiste-t-il. Un existant ainsi érigé en « patrimoine et matière première ». A bord de son agence créée en 2021 et appelée sans surprise Territoire circulaire, Thomas Charrier se concentre particulièrement sur la vacance. D’abord celle du logement à travers une quête d’objectivité. « En France, le nombre de 3 millions de logements vacants revient très régulièrement », explique-t-il. « Il est réel. Il doit interpeller mais il sous-tend aussi une vision simpliste selon laquelle il suffirait de les rénover pour les convertir en habitations ». De quoi alors fluidifier le marché en accueillant des centaines de milliers de personnes mal-logées et au passage, lutter contre l’artificialisation des sols. Pas si simple… Car « les vases communicants n’existent pas en la matière ». Pour au moins une bonne raison : les besoins qui ne situent pas forcément là où se trouve la demande… « De nombreux enjeux territoriaux se cachent derrière la vacance », appuie-t-il. Et c’est justement l’objet du portail Pas de vacances pour la vacance1 qu’il a lancé en mars 2022. A partir des données des fichiers Insee et Lovac, son site internet permet de visualiser en instantané la situation en matière de vacance de logement de telle ou telle commune, qu’elle soit structurelle ou conjoncturelle. De quoi également mettre en parallèle cette vacance avec les données des permis de construire ou d’aménager, déposés sur le secteur. A l’origine, il souhaitait en faire un outil pour lui, afin de localiser la vacance dans les différents territoires. Puis est venu « par hasard », un appel à communs - Résilience des territoires - de l’Ademe en avril 2021 qui a accéléré le processus et propulsé ce portail au rang de bien commun puisqu’il est accessible gratuitement. Il s’agit donc d’un outil d’aide à la décision potentiellement précieux pour les collectivités qui, depuis début 2023, peuvent aussi s’appuyer sur Zéro logement vacant (ZLV), développé par l’Etat pour outiller les collectivités dans le but de cibler les propriétaires de logements vacants.
Qui pour remplacer Patrice Vergriete, nommé ministre du Logement, à la tête de France Ville Durable (FVD) qu’il présidait depuis sa création ? Le 8 septembre, le conseil d’administration de l’association des professionnels publics et privés de la ville et des territoires durables et résilients a porté son choix sur Virginie Carolo-Lutrot, maire de Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime), présidente de Caux Seine Agglo et vice-présidente d’Intercommunalités de France. Elle œuvre en binôme avec Florian Bercault, nouveau président délégué de l’association, maire de Laval et président de Laval Agglomération.
© Alicia Brouilliard
Crédit Florent Drillon
Flonflons et jour de fête pour les équipes de Foncière Bellevilles, en ce 6 septembre 2023 à Toulouse, date de l’inauguration des nouvelles grandes Halles de la Cartoucherie. Micro en mains, tee-shirt floqué « Cartoucherie » sur le dos, Adrien Ramirez ne sait plus où donner de la tête : il assure la visite et la présentation des lieux auprès des élus et officiels. Celui qui a co-fondé (avec Alexandre Born, Sébastien de Hulster, François Gendre et Jérémie Loevenbruck), la Foncière Bellevilles en 2019, livre aujourd’hui la réhabilitation emblématique de l’entreprise.
Jamais deux sans trois. Dix ans après sa nomination à Marseille par Cécile Duflot, Claude Bertolino entame son troisième quinquennat à la direction générale de l'Etablissement public foncier de Provence-Alpes-Côte d'Azur (EPF Paca). Le 15 juillet 2023, cette architecte et urbaniste générale de l’Etat a vu son mandat renouvelé pour cinq ans par Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.
« Même si j’ai vécu à la campagne, j’ai toujours conservé un lien avec la ville... » : en égrenant son parcours biographique, Gaëlle Berthaud n’y avait pas forcément pensé. Mais ce double ancrage n’est pas sans rappeler celui du parc national des Calanques, sanctuaire de biodiversité dont elle assure la direction à Marseille depuis le 1er septembre 2022. Plus grand parc périurbain du vieux continent, le massif des Calanques s’étend sur un vaste périmètre à l’Est de la cité phocéenne. Le secteur le plus protégé, le « cœur » du parc, couvre les communes de Cassis, La Ciotat et Marseille, et s'étend sur 8 500 ha sur terre et 43 500 ha en mer. Le parc y dispose d'un pouvoir réglementaire. Autour, l'aire de libre adhésion est un espace de partenariat entre les communes volontaires et le PNC, où sont déployés les projets de développement durable.
A Clermont-Ferrand, ce n’est plus seulement le fond d’écran qui est vert, aime à répéter son maire Olivier Bianchi. Au milieu des volcans d’Auvergne, la ville industrieuse et grise laisse, en effet, petit à petit la place à une métropole dans laquelle la nature a son mot à dire. « Un virage a clairement été pris ces dernières années, en termes de mobilités, à travers un rééquilibrage de la voirie au profit des transports doux et une multiplication des parcs (+25 % en gestation) », développe Grégory Bernard, adjoint en charge de l’urbanisme.
©juanjerez
Londres, Paris, deux capitales, un tunnel et des liens. Celui qu’Alice Barrois, architecte, a régulièrement emprunté de 2014 à 2017 quand elle exerçait au sein de l’agence internationale Grimshaw dans le quartier de Farringdon ; ceux qu’elle a noués durant une expatriation choisie au pays de Lewis Caroll. Elle privilégie le studio anglais pour ses attentions écoresponsables, en phase avec ses propres aspirations : « J’ai toujours été attirée par les questions d’environnement. » Son DPEA Architecture post-carbone en atteste.
« Les 100 qui font la ville ? Vous devriez plutôt titrer sur les 100 qui refont la ville », sourit Jérôme Baratier, depuis Nantes Métropole où il occupe la fonction de directeur général délégué à la Fabrique de la ville écologique et solidaire. Certes, l’appellation apparaît un brin pompeuse. Mais le portefeuille se caractérise quand même par une exceptionnelle épaisseur. Il embrasse mobilité, urbanisme, habitat, nature, jardins, eau, assainissement et espaces publics ! Soit 1 200 agents.
© Pascale Braun
Directrice générale de la Fabrique de la Cité