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Les 100 qui font la ville

2023

Crédits JeanMaurice Chacun

Un polytechnicien, encore un… Il n’est pas rare d’en rencontrer dans les colonnes de Traits urbains. Mais celui-ci a mis son efficience intellectuelle au service de la création urbaine. Ancien élève de l’X donc, mais aussi ingénieur des Ponts et chaussées et architecte DPLG, Thomas Richez crée son agence en 1985 avec Edouard François et Bertrand Rubus, dans une approche globale : d’emblée, il s’intéresse à la fois à l’architecture, à l’urbanisme et au paysage. S’ensuivront la conception de trois tours à Euralille, de l’ambassade de France à Singapour, d’une ville nouvelle en Malaisie, du quartier des Grisettes à Montpellier, mais aussi de projets de mobilités, domaine dans lequel l’agence fait référence. La liste est longue : les tramways du Mans, d’Orléans, de Brest, de Tours, de Casablanca, d’Angers, des pôles d’échange à La Baule ou Lens, des centres de maintenance à Bordeaux ou Champigny, mais encore la gare de Massy-Palaiseau du Grand Paris Express.

« On ne négocie pas avec le climat. » Magali Reghezza-Zitt a beau être une intelligence supérieure elle a su, sur des sujets complexes (le risque, la vulnérabilité, la prévention, l’adaptation, la résilience, la transition dans le contexte de la mondialisation et du péril environnemental), préserver un discours clair et intelligible pour le plus grand nombre. Cela en fait naturellement une « bonne cliente » pour les mass media qui l’invitent en studio dès qu’une canicule ou une sécheresse se profile ou qu’une catastrophe se produit, la garantie d’une intervention scientifiquement certifiée et pédagogiquement approuvée.

@Jonathan_Thornhill

Flonflons et jour de fête pour les équipes de Foncière Bellevilles, en ce 6 septembre 2023 à Toulouse, date de l’inauguration des nouvelles grandes Halles de la Cartoucherie. Micro en mains, tee-shirt floqué « Cartoucherie » sur le dos, Adrien Ramirez ne sait plus où donner de la tête : il assure la visite et la présentation des lieux auprès des élus et officiels. Celui qui a co-fondé (avec Alexandre Born, Sébastien de Hulster, François Gendre et Jérémie Loevenbruck), la Foncière Bellevilles en 2019, livre aujourd’hui la réhabilitation emblématique de l’entreprise.

Elle se voit comme une « funambule ». Coriandre Prudhomme est d’abord une passionnée d’aménagement paysager, dont elle commence à explorer l’univers au lycée des métiers de l’horticulture et du paysage de Montreuil. Elle poursuit sa formation pour acquérir des connaissances scientifiques en écologie urbaine, à l’Université Paris-Sud, à Paris-Saclay et à l’Ecole régionale de botanique. Depuis elle s’évertue à faire la connexion via l’apport d’une vision écosystémique du vivant dans tous les projets auxquels elle participe.

« Nous initions toujours un projet en requestionnant usages et enjeux pour favoriser de nouvelles pratiques frugales, partagées et économiques. Qualité de vie, liens sociaux, santé et préservation des ressources, qu’elles soient patrimoniales ou naturelles, guident nos réflexions », explique l’urbaniste de l’agence Philippon-Kalt. Brigitte Philippon est associée avec Jean Kalt depuis 1994. Ils sont ensemble « à la ville et à la mer » comme elle le dit avec une pudeur toute poétique. Et depuis tout ce temps, ils travaillent ensemble de façon très complémentaire, « l’un sur l’archi, l’autre sur l’urba », mais tous deux avec ce même engagement pour « expérimenter, inventer et tester des solutions qui anticipent les réglementations », précise celle qui est coutumière des avis de chantier et ATEx (appréciations techniques d’expérimentation) menés avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

D’un jeu d’enfant, la construction en bois, Julien Pemezec a fait une réalité grandeur nature. Ce Breton est, il est vrai, issu d’une famille d’architectes et de bâtisseurs. Dès ses 19 ans, il « traine » ainsi sur le chantier du Roazhon Park, le stade de foot de Rennes. Alors étudiant à Centrale, il en ressort diplômé en 2004 et entre aussitôt chez Sodéarif (filiale de Bouygues qui deviendra Linkcity) en tant que responsable de programme.

Dans un monde en souffrance, d’aucuns ont clamé qu’ils avaient pour « ennemi » la finance mais leurs intentions n’ont jamais dépassé le stade des déclarations. D’autres préfèrent défendre l’idée plus constructive d’une finance durable. Morgane Nicol est une jeune femme au parcours « atypique » : elle est diplômée de l’EDHEC - spécialité finance - et met son expertise au service du changement climatique. Et c’est très concret. « Lors de mon année de césure, j’ai travaillé neuf mois en tant que consultante free-lance auprès d’ONG intervenant au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Bolivie, sur des programmes de microfinance durable ». S’ensuit une deuxième expérience de quatre mois au sein d’une ONG présente au Cambodge, où c’est cette fois la vente de crédits carbone qui l’occupe. « Je ne suis plus sortie de ces thématiques ».

Il faut parfois savoir partir loin pour revenir vers un ancrage local. Toutes deux originaires de Marseille, Laura Nave et Léa Gautier avaient déjà cette aspiration en commun avant de se rencontrer. La première a poursuivi ses études parisiennes d'architecture et ingénierie par une expatriation en Argentine pour travailler sur des problématiques de grands territoires ; la seconde a grandi en Guadeloupe avant d'obtenir sa licence d'architecture à Toulouse et de compléter son parcours en Master à Nantes. De retour dans leur ville natale, les deux jeunes femmes ont fait connaissance, se sont découvert une attirance commune pour une architecture qui donne toute sa place à l'humain, et ont commencé à réfléchir pour savoir comment elles pouvaient mettre les compétences en commun. « Au départ, nous avons passé des journées entières à discuter pour nous accorder véritablement sur nos objectifs, et confirmer notre attachement à l'économie locale », explique Laura Nave. « Nous sommes très vite tombées d'accord sur notre volonté de construire de manière sobre et durable, en donnant la priorité à la rénovation, avec des techniques et matériaux bioclimatiques, et sur la nécessité d'être pédagogiques vis-à-vis des futurs clients », enchaîne Léa Gautier. Une façon de sceller leurs valeurs communes.

 « J’ai toujours voulu faire de l’architecture et de l’urbanisme, mais avec l’envie de mettre en récit les territoires avec une vision stratégique. » Originaire de Montpellier, mais diplômé de l’école d’architecture de Nantes, c’est en Belgique, au sein de l’agence B612, qu’Antoine Musard fait ses premières armes. « J’ai découvert de l’autre côté de la frontière un savoir-faire technique très poussé et profitable, avant de rejoindre à Paris les équipes de Jacques Ferrier, puis celles de Reichen et Robert. L’urbaniste avait décroché le Grand Prix de l’urbanisme deux ans plus tôt et mon travail de fin d’étude concernait la route de la Mer à Montpellier. Je suis resté dix ans dans son agence. » Dix années au cours desquelles Antoine Musard croise le fer sur des projets urbains emblématiques comme la mutation des friches portuaires du port de Tanger au Maroc.

Récemment nommée secrétaire générale de Villes vivantes, Lily Munson est une ardente promotrice du BIMBY (build in my backyard), à savoir la construction de nouveaux logements dans les jardins des habitants, et par les habitants eux-mêmes.

Les 100 qui font la ville

Les 100 qui font la ville, un hors-série du magazine Traits Urbains