2023
Le monde se divise en deux catégories : il y a ceux qui tamisent le fond des rivières pour trouver d’hypothétiques pépites, et ceux qui regardent en l’air. Didier Mignery scrute les toitures, il en connaît les gisements. Architecte de métier, président et fondateur d’UpFactor en 2017, il s’est spécialisé dans la surélévation de bâtiments, en développant UpFactor Geoservices®. Ce logiciel identifie le potentiel de foncier aérien à une adresse donnée. L’application en 3D reconstitue la morphologie des bâtiments existants, leur extrusion ou leur représentation issue de data géographiques (nuages de points, Lidar1). Les informations sont croisées avec la donnée réglementaire des plans locaux d’urbanisme, les données de hauteur et les gabarits architecturaux. Voilà pour la recette.
©Laurent-Guichardon
« Autodidacte » - malgré une formation d’ingénieur en génie civil - mais surtout touche-à-tout et habitué à mettre régulièrement la main à la pâte… C’est ainsi que se définit Henry Maître, 37 ans, installé à Toulouse depuis la fin de ses études et originaire de Corrèze. « J’ai grandi à la campagne, et j’ai passé des heures et des week-ends à aider mon père pour rénover le corps de ferme familial, cela m’a donné le virus du bâtiment ! » « Autodidacte » - malgré une formation d’ingénieur en génie civil - mais surtout touche-à-tout et habitué à mettre régulièrement la main à la pâte… C’est ainsi que se définit Henry Maître, 37 ans, installé à Toulouse depuis la fin de ses études et originaire de Corrèze. « J’ai grandi à la campagne, et j’ai passé des heures et des week-ends à aider mon père pour rénover le corps de ferme familial, cela m’a donné le virus du bâtiment ! » Diplôme de l’INSA Toulouse en poche, Henry Maître commence sa carrière dans une entreprise générale de travaux puis chez des promoteurs immobiliers. En 2015, l’une de ses missions le conduit à Tulle pour construire un cinéma de centre-ville. Le projet avait été lancé par un certain François Hollande, ancien maire de la ville, devenu président de la République. Sur le chantier, il rencontre Jean Villa, qui dirige le groupe Véo et exploite déjà plusieurs cinémas indépendants dans le grand quart sud-ouest de la France. « Véo a essayé de me débaucher mais j’ai refusé, car je souhaitais à ce stade voler de mes propres ailes », raconte-t-il. En 2017, il crée ID Ciné et travaille depuis régulièrement en collaboration avec Véo. « Je fais ce que j’ai toujours voulu faire : je construis ! En réimplantant de petits cinémas dans des villes moyennes, j’essaye de faire des choses pour les gens ».ID Ciné intervient, selon les projets, en maîtrise d’ouvrage déléguée pour des communes ou des collectivités ou bien en promotion-construction ; et propose des accompagnements clé en main aux élus dès la recherche de financements. L’entreprise implante en moyenne chaque année un à deux cinémas de proximité dans des friches industrielles et elle a réalisé en 2022 un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros. « Ce sont des sujets très complexes, qui impliquent de mettre d’accord les exploitants et les élus locaux qui tiennent les cordons de la bourse. En effet, chacun de ces projets subventionnés par les collectivités territoriales met plusieurs années à aboutir, car l’idée est toujours in fine d’ouvrir un cinéma de proximité, avec un ticket d’entrée accessible pour le spectateur ». Pour ces raisons, ID Ciné a fait le choix d’une croissance raisonnée, et pour rester indépendant et agile, a choisi de s’appuyer sur une équipe resserrée d’une dizaine de personnes. En six ans d’existence, ID Ciné compte néanmoins déjà plusieurs réalisations à son actif, dans des lieux parfois insolites. Par exemple, le cinéma de Saint-Chamond (Loire) construit sur les anciennes aciéries de la ville. En Aquitaine, celui d’Andernos a trouvé place sur l’ancien stade de football, celui de Castelnaudary (Aude) a remplacé une caserne militaire et celui de Péage en Roussillon, en Isère, était occupé par une cave coopérative vinicole. Enfin celui de Saint-Priest dans la région lyonnaise, dont l’ouverture est prévue en fin d’année, sur d’anciens entrepôts occupés par la Poste.En Haute-Garonne, ID Ciné a aussi construit et livré, fin 2021, le cinéma de Colomiers, aux portes de Toulouse. Un chantier pour lequel Henry Maître a mis l’accent sur une construction durable. « J’ai choisi le béton brut mixé avec terre de pisé et bois, matériaux à faible bilan carbone et réutilisables ».A Lannemezan, le chantier bat son plein aussi pour transformer l’ancienne Halle aux veaux en cinéma de proximité. Son ouverture est prévue en 2024. Enfin actuellement, le plus attendu par les Toulousains est le futur cinéma de la Cartoucherie, qui ouvrira aussi ses portes en 2024, à droite de la grande halle récemment rénovée.
C’est peut-être à sa jeunesse passée entre Marseille et la Corse qu’Alexis Mariani doit sa conscience environnementale aiguë. « Le lien entre la ville et la nature m’a toujours semblé évident. » Et ce lien a balisé son parcours. Alexis Mariani oriente tout d’abord ses études dans cette direction : Polytechnique spécialisation Environnement, Ecole des des Eaux et des Forêts, DEA (Master 2) Economie des ressources naturelles à Paris 1. Au changement de millénaire, le sujet n’est pas encore politiquement intégré et ceux qui le portent font figure de pionniers. Le secteur public lui tend donc les bras. Alexis Mariani travaille sept ans pour le ministère de l’Ecologie. « Au début nous n’avions pas beaucoup de cadres et d’outils pour agir. Nous étions écoutés mais l’écologie n’était encore qu’un à-côté de l’économie, qui avait toujours la primeur. Et puis j’ai vu le rapport s’inverser, un changement de posture s’opérer dans la fabrique de la ville et finalement le vivant faire sa place au cœur du projet de territoire. »
« Nous constatons les conséquences de la sédentarité sur la santé, et notre mission est de faire bouger dès la petite enfance, avec des outils comme le design actif, pour donner envie et favoriser la promotion de l’activité physique et sportive ». Dans la bouche de Carole Marcou, ces mots sont le fruit de la conviction et de l’expérience. La présidente de Pro Urba a démarré son parcours en 1990. Alors âgée de 20 ans, la passionnée de sport met toute son énergie de gymnaste dans la petite société Divers Cité de Patrick Jourdain à Rillieux-la-Pape, spécialisée dans les installations de sports et loisirs. Carole Marcou développe ses savoir-faire, noue une proximité avec les paysagistes concepteurs, et s’investit jusqu’à racheter une dizaine d’années plus tard la totalité des parts de l’entreprise, qu’elle va co-gérer avec son mari Gilbert Mathot.
Un créateur de lieux de vie, de la studette aux espaces publics, tel est, selon Coralie Mantion, le premier rôle de l'architecte. « Il doit d'abord penser in situ, l'espace habité et en priorité l'humain qui s'y projette, avant de penser le bâti comme œuvre d'art », martèle cette ancienne dessinatrice en agence qui a repris des études à 30 ans, à l'école d'architecture de Montpellier, pour devenir architecte DE. « J'avais déjà beaucoup travaillé sur des projets de bureaux, de logements collectifs et de maisons individuelles », indique cette militante EELV (Europe Ecologie-Les Verts) entrée en politique il y a dix ans. Pragmatique, elle prône une « écologie des solutions » pour changer la ville.
Son diplôme de l’ESAG (Ecole supérieure d’arts graphiques et d’architecture intérieure) en poche, Eric Manfrino n’a pas tardé à prendre son destin en mains. En 1992, il fonde Traitvert, agence de paysage et d’urbanisme, qu’il dirigera jusqu’en 2015. Il co-fonde alors Land’Act, agence de paysage, d’urbanisme et d’écologie, avec le créateur de TUP Philippe Thébaud (décédé en 2021) et son fils Benjamin Thébaud, par la fusion de leurs agences respectives.
POPSU, la Plateforme d'observation des projets et des stratégies urbaines pilotée par le Groupement d’intérêt public L’Europe des projets architecturaux et urbains et financée par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires via le Plan urbanisme construction architecture (PUCA), l’Ademe et l’Institut CDC pour la recherche, a lancé au printemps dernier son nouveau programme de recherche-action : POPSU Transitions. A sa tête un jeune chercheur, Nicolas Maisetti.
Lundi 25 septembre 2023, fin de journée. Un vent du Sud nous souffle ces quelques mots. « Nous sommes très preneurs de visites sur le terrain qui permettent la rencontre avec les opérateurs, les élus locaux, parfois les habitants quand ils sont déjà là. Cela nourrit les travaux de l’association. » Qui parle ? Sébastien Maire, délégué général de France Ville durable devenue récemment France Villes et territoires durables. Il occupe le poste depuis septembre 2020, après un parcours au service de l’intérêt général (consultant à l’APEC, directeur du développement économique de la Ville de Pantin, cabinet de la maire de Montreuil Dominique Voynet, Haut responsable de la résilience puis délégué général à la Transition écologique et la résilience à la Ville de Paris). De quoi parle-t-il ? De visites apprenantes. D’où s’exprime-t-il ? De Marseille où avait lieu la troisième édition de Villes Durables en actions. Il explique : « Nous avons coutume de dire à l’association que le premier facteur de résilience d’un territoire, c’est de connaître son voisin. Il faut ce lien social de proximité. » L’urgence à agir au plus près des villes se fait de plus en plus criante : « Nous savons qu’il reste très peu de temps pour engager enfin nos villes et nos territoires dans des trajectoires qui soient véritablement durables et soutenables, notamment au regard des enjeux physiques des limites planétaires ». Oui, mais comment ? En déroulant le manifeste de l’association qui appelle à « dépasser la logique de développement durable, dont la philosophie et le caractère contradictoire de certains de ses objectifs n’ont pas permis jusqu’ici d’inverser les trajectoires de destruction de l’habitabilité de la planète. »
© CDC Biodiversité
Flonflons et jour de fête pour les équipes de Foncière Bellevilles, en ce 6 septembre 2023 à Toulouse, date de l’inauguration des nouvelles grandes Halles de la Cartoucherie. Micro en mains, tee-shirt floqué « Cartoucherie » sur le dos, Adrien Ramirez ne sait plus où donner de la tête : il assure la visite et la présentation des lieux auprès des élus et officiels. Celui qui a co-fondé (avec Alexandre Born, Sébastien de Hulster, François Gendre et Jérémie Loevenbruck), la Foncière Bellevilles en 2019, livre aujourd’hui la réhabilitation emblématique de l’entreprise.
© Ville et Banlieue
Bien saisir l’impact d’un projet, notamment en aidant le donneur d’ordre à mieux définir sa commande et à qui elle s’adresse, ensuite miser sur la mobilisation de l’intelligence collective par la co-conception, avec le donneur d’ordres et les futurs usagers. Pierre-Paul Cursolle et Maxime Lefranc, fondateurs d’Aclaa1, partagent la conviction que leurs missions doivent se bâtir sur ces préalables pour amener tout le monde dans la même direction.
Jusqu'alors directrice du développement et des investissements du GIE Grand Paris Habitat, réunissant l’ensemble des compétences de CDC Habitat relatives au développement de l’offre de logement social et de logement intermédiaire en Île-de-France, Katelle Le Guillou a rejoint en 2022 la Foncière de transformation immobilière (FTI). Cette filiale d’Action Logement a pour mission d’acquérir des bureaux ou des locaux d’activité obsolètes pour permettre leur transformation en logements à loyer maîtrisé.