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Les 100 qui font la ville

2023

Tribu, tout est dans le nom. Pour comprendre le positionnement du bureau d’études qui revendique une approche transversale des enjeux environnementaux, il faut déployer l’acronyme. Il en révèle l’identité et les objets sociaux : technique, recherche, innovation pour le bâtiment et l’urbain. Tribu, c’est aussi un statut juridique de Scop, adopté au moment de la transmission de l’agence par ses fondateurs. Il en incarne l’esprit originel : des modes de fonctionnement collaboratifs et participatifs. Mais pas seulement ; ce qui se passe à l’intérieur se voit aussi à l’extérieur : « L’écoresponsabilité qui est notre cœur de métier implique de croiser les expertises dans de nombreux domaines pour être pertinent », indique Karine Lapray. Ingénieure énergie et environnement, enseignante-chercheuse maître de conférences à l’école d’architecture de Lyon depuis 2015, elle est aussi membre de Ville & aménagement durable depuis une vingtaine d’années. En 2003, elle crée l’antenne lyonnaise de Tribu pour, notamment, être au plus près des opérations du quartier de la Confluence.

Pour ses études d’architecture, Aude Landy-Berkowitz avait opté pour une école « très orientée sur les aspects sociétaux, les évolutions des modes de vie », Paris Malaquais. « Je voulais laisser une trace, bâtir quelque chose où les gens peuvent vivre. Participer à une œuvre commune, à l’acte de construire ». Elle fait ses premières armes chez Claude Vasconi, bonne mais rude école, où elle apprécie l’approche « à la fois sociétale et d’ingénierie, connaissant très bien la technique, faisant de la maîtrise d’œuvre d’exécution, permettant d’être architecte jusqu’au bout ». Elle accompagnera le projet de l’immeuble Magnetik, porte d’Orléans à Paris, jusqu’à la livraison : « ma plus belle expérience, avec une responsabilité totale, un travail d’équipe passionnant pour une jeune femme de 25 ans face à des équipes entièrement masculines et plus âgées, qui m’ont parfois pris pour l’assistante ». De quoi forger un peu plus un caractère déjà bien trempé.

Marie Lalande-Dauger a rejoint le poids lourd de l’investissement immobilier Gecina depuis le mois de septembre comme directrice exécutive en charge de l’Ingénierie et de la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Cette ingénieure diplômée de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Mines connaît sur le bout des doigts les métiers de la production, de la distribution et des services énergétiques. Elle a notamment travaillé chez Dalkia en tant que directrice de centre opérationnel, où elle pilotait la gestion des contrats de service au sein d’immeubles tertiaires. Depuis 2019, elle était directrice Opérations, maintenance et gestion d’actifs pour le parc éolien et photovoltaïque terrestre d’EDF Renouvelables en France, en charge de plus de 2GW installés de parcs solaires et éoliens terrestres.

Il n’est jamais facile de brosser le portrait d’une star de l’architecture. Car en dépit de son (encore) jeune âge, Nicolas Laisné en est bien une, invitée à la 17e Biennale de Venise et consacrée par la réalisation, avec Dimitri Roussel, Sou Fujimoto et Oxo architectes, de l’Arbre blanc, à Montpellier, élu « plus bel immeuble d’habitation au monde » par le web media ArchDaily. Dans cette tour multi-programmatique de 17 étages se présentant comme un bouquet de porte-à-faux dans lequel viennent se glisser avec malice quelques escaliers on peut lire tout le parcours de son coconcepteur, d’abord marqué par une ouverture au monde.

En votant il y a un an pour la nomination d’Alexandre Labasse à sa direction générale, le conseil d’administration de l’Apur a une nouvelle fois joué la carte de la continuité au regard de la feuille de route que Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo lui avaient fixée dès 2008, à savoir l’orientation métropolitaine de ses travaux. « Dans un contexte de défiance à l’égard des métropoles, j’en reste un fervent défenseur », pose en préambule celui qui préside par ailleurs l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles.

Conseillère régionale de Bretagne, Katja Krüger est déléguée aux coopérations décentralisées, à la solidarité internationale et à la mobilité des jeunes à l’international. De mai 2014 à juin 2020, elle a été successivement conseillère municipale puis adjointe à la maire de Rennes, déléguée au Bureau des temps de la ville ainsi qu’à la Petite Enfance en cours de mandat. Parallèlement, elle deviendra présidente du réseau national Tempo Territorial - nous sommes en 2017 - jusqu’au renouvellement du bureau fin septembre 2023. Elle en est désormais la vice-présidente aux relations internationales.

Architecte togolais formé à l’Ensa de Paris-La Villette, anthropologue passé par l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Sénamé Koffi Agbodjinou est revenu s’installer à Lomé. Depuis cette base et à travers ses projets et recherches, il promeut la « ville néovernaculaire africaine » : des bâtiments en terre plutôt qu’en béton, ouverts les uns sur les autres pour faciliter le lien entre les habitants, laissant de la place pour la production alimentaire locale… mais pas sans innovation digitale, celle-ci devant être développée par les Africains eux-mêmes et non sous la férule des GAFA. « Les modèles urbains occidentaux ne correspondent pas aux réalités anthropologiques africaines », constate-t-il.

 « En 1970 il fallait que Guy Jullian, mon père, soit quand même sacrément visionnaire pour implanter l’aluminium sur le marché français, avec des solutions déjà personnalisées », soulignait Agnès Jullian dans le livre anniversaire des 50 ans de Technilum, entreprise de conception et fabrication de mobilier urbain d’éclairage. C’était l’époque du développement des stations du littoral languedocien dans le cadre de la mission Racine, une opportunité saisie par l’entrepreneur biterrois. Technilum met au point le « sans soudure » avec des assemblages mécaniques, y compris avec une colle bi-composant utilisée dans l’aéronautique, et se démarque par une série de projets iconiques : Les Fées de la Grande Motte, Les Diamants à Marseille, les Palmiers à Cannes, le Collier de perles à Nice… 

Nommé directeur général d’Icade à l’issue de l’assemblée générale d’avril 2023, Nicolas Joly a précédemment officié au sein du groupe Casino qu’il avait rejoint en 2008 et où il a évolué jusqu’au poste de directeur des projets de fusions-acquisitions.

Nantes, Montpellier et Paris : trois sites pour les ateliers up+, qui regroupent, avec une trentaine de collaborateurs, les compétences en urbanisme et en paysage de SCE et du groupe Keran, spécialisé dans le conseil et l’ingénierie en aménagement du territoire et en gestion de l’environnement. « Plateforme collaborative et laboratoire d'idées, avec un collectif de profils divers, nos ateliers entretiennent une culture commune du projet dans toutes nos approches, de la planification à la maîtrise d'œuvre », définit leur directrice, Maud Joalland, architecte et urbaniste OPQU.

On pourrait appeler cela une « loi de l'automobiliste » : cette tendance à vouloir toujours aller se garer au plus près de sa destination. Une logique se traduisant par des parcours à rallonge pour trouver une place de stationnement dans les centres-villes. « Aujourd'hui, ces déplacements représentent entre dix et vingt minutes de recherche dans les villes de taille moyenne, et même davantage en région parisienne, où le temps de trajet est parfois égal ou inférieur au temps de recherche d'une place de stationnement », analyse Raphaël Jatteau.

©Sophie Brandstrom

Cet été, le messin Vincent Hein a fait ses cartons pour s'installer définitivement hors de France, sans se sentir expatrié pour autant. Le nouveau directeur de la fondation luxembourgeoise Idea quitte le statut de frontalier pour s'installer au Grand-Duché sans même avoir l'impression de franchir une frontière. « Que je sois en Lorraine, au Luxembourg ou en Sarre, je me sens chez moi dans toute la Grande Région », assure l'économiste né d'un père luxembourgeois et d'une mère allemande, qui a passé son enfance à Sierck-les-Bains, commune mosellane dite des Trois Frontières.

© Grand Paris Aménagement

Les 100 qui font la ville

Les 100 qui font la ville, un hors-série du magazine Traits Urbains